Basket féminin. Landerneau, bulle sanitaire pour l'Eurocoupe

L'Eurocoupe, une première dans l'histoire du Landerneau Bretagne Basket qui se jouera à domicile. Covid oblige, le club finistérien accueillera, dès mardi, tous les matchs de sa poule. Pour organiser cette bulle sanitaire en à peine un mois, les bénévoles ont mouillé le maillot.

A quelques jours du coup d'envoi de l'Eurocoupe féminine de basket à Landerneau, la salle de la Cimenterie ressemble à une ruche où s'activent les bénévoles. Jouer l'Eurocoupe, ce n'est pas rien dans l'histoire du Landerneau Bretagne Basket (LBB). C'est même une première. Mais le club ne s'attendait pas à devenir une bulle sanitaire pour cette compétition.
L'épidémie de Covid-19 a redistribué les cartes. Et les règles du jeu. Landerneau accueillera tous les matchs de sa poule du 19 au 22 janvier. Ainsi en a décidé la Fédération internationale de basket (FIBA) qui confie les clefs de l'organisation de ce premier tour européen aux Finistériens. De quoi transpirer en coulisses. 


"Une masse de boulot énorme"


Autant dire que, depuis mi-décembre, les nuits de Raphaël Landuré, l'un des bénévoles du LBB, se sont raccourcies. "Je dors cinq heures en moyenne" sourit celui qui, depuis dix ans, s'investit au club. "Mais c'est la première fois que je m'engage autant, confie-t-il. C'est une masse de boulot énorme". Ce salarié d'une grosse entreprise brestoise a donc posé des congés "pour être présent à 100 %. Je ne peux pas être partout à la fois si je veux rester efficace"

Pour bien cibler toute l'organisation que demande une telle compétition internationale, le LBB a constitué neuf commissions. "Je m'occupe des relations avec la FIBA, les équipes, les arbitres, etc, explique Raphaël. Cela demande beaucoup de souplesse. Par exemple, l'équipe de Fribourg vient de nous annoncer qu'elle n'arrivait plus par avion mais par bus et qu'elle souhaitait accéder à la salle pour un entraînement dimanche soir, alors que ce n'était pas prévu".
 

130 bénévoles mobilisés


Carine Bizien n'a pas non plus hésité à venir prêter main forte. Cette Finistérienne, qui travaille à Paris au sein du comité d'organisation des JO 2024, est arrivée mercredi soir. "J'ai pris des vacances exprès pour ça, indique-t-elle. Je suis basketteuse à la base. Et cela faisait un moment que j'avais envie d'aider le LBB. L'Eurocoupe me donne cette opportunité".
Elle qui oeuvre à la coordination et à la conceptions des sites olympiques parisiens connaît cette montée d'adrénaline quand il s'agit de tout orchestrer. "On va bosser dur mais on va également vibrer pendant cette coupe d'Europe. Et puis, franchir l'étape européenne en devenant l'un des sites organisateurs, pour Landerneau, c'est la plus belles des manières".
 


Pendant une semaine, du matin au soir, Carine va retrousser ses manches, comme les 130 autres bénévoles mobilisés pour mettre sur pied cette Eurocoupe en un temps record. Rien n'est laissé au hasard. D'autant que les contraintes sont lourdes : la bulle sanitaire doit rester bien hermétique. "Les règles strictes imposées par la FIBA n'ont rien à voir avec ce que nous connaissons en championnat de France, souligne David Le Goff, responsable du développement au LBB. Il a fallu tout revoir. Les tables de marque doivent être protégées par des plexi, ce qui n'est pas le cas en championnat".
Sans parler du nettoyage entre chaque entraînement et après chaque match des ballons, des chaises, du terrain... "Les bénévoles se partagent les tâches et ils sont super motivés pour aider. Au moins, ajoute David Le Goff, nous pourrons dire que nous avons donné notre meilleur".
 


Ceux qui ne voyaient pas où se trouvait Landerneau savent désormais placer la ville sur la carte de l'Europe.

Erwan Croguennec, président du LBB


Pour le club landernéen, l'un des plus petits budgets de Ligue féminine de basket, cette poule d'Eurocoupe à la maison sonne comme un défi. Erwan Croguennec, le président du LBB, rappelle que la décision d'accueillir une bulle sanitaire n'a pas été prise sur un coup de tête. "Même si nous n'avons pas eu beaucoup de temps pour nous mettre en ordre de marche, nous avons bien pesé le pour et le contre. Je n'avais aucun doute sur notre capacité à mobiliser. Et puis, souligne-t-il encore, nous ne perdons pas de vue notre volonté d'animer le territoire, de participer à sa dynamique".

Seul regret : l'absence de public dans les gradins de la Cimenterie puisque les matchs se disputeront à huis clos. "Un crève-coeur, lâche le président du LBB. Une très grande frustration. On avait un petit espoir, au moment où on a lancé la machine. Mais cela ne sera pas possible".
 


Bulle dans la bulle


Pas question de déroger aux mesures sanitaires ni au protocole de la FIBA. Ce vendredi matin, tous les bénévoles ont d'ailleurs effectué un test PCR à la Cimenterie. Il a fallu aménager une salle dédiée à ces prélèvements. 

Les joueuses finistériennes ont également été testées juste avant leur entraînement. Elles le seront à nouveau lundi matin. Dès dimanche, elles seront même confinées dans un hôtel, à la périphérie de Brest, avec les trois autres équipes de leur poule : les Suisses du BCF Elfic Fribourg, les Belges du Phantoms Basket Boom et les Italiennes du Reyer Venezia.
Pendant toute la durée de la compétition, les basketteuses passeront directement de leur chambre d'hôtel au terrain (et inversement). Et ne devront croiser personne en arrivant à la salle.
Une bulle dans la bulle. Avec, pour Landerneau, l'avantage de jouer sur son parquet pour, peut-être, réaliser l'exploit de se qualifier pour les 16èmes de finale.

 

Calendriers des rencontres de la poule E

 

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