Brest. Blue Observer se prépare pour sa première mission scientifique à la voile

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Écrit par Eric Nedjar

Transformer un bateau conçu pour les records de tour du monde à l'envers en base de prélèvements océanographiques, c'est le nouveau défi Eric Defert. Avec Blue Observer, le skipper brestois propose aux instituts et aux industriels d’effectuer leurs missions scientifiques en mer à la voile.

Basée à Brest, l’entreprise Blue Observer a pour objectif d’œuvrer pour la compréhension et la protection des océans. Un opérateur scientifique maritime bas carbone qui veut participer au développement d’une croissance bleue respectueuse et durable.

Pour cela, elle a acquis Adrien, l’ancien voilier de Jean-Luc Van Den Heede, détenteur depuis 2004 du record du tour du monde à l’envers à la voile pour le transformer en bateau océanographe. Rebaptisé Iris, il est actuellement en cours de rénovation dans son nouveau port d’attache.

Écologique et économique

Le 2 novembre, il prendra la mer pour une première expédition de 9 600 milles dans l’Atlantique. Sa mission : larguer une centaine de capteurs flottants pour étoffer le maillage de réseau international Argo.

"La communauté utilise beaucoup de bateaux de recherche académique. Ceux d’Ifremer ou ceux d’instituts équivalents à l’étranger" note Mathieu Belbeoch, le directeur d'OceanOps, qui coordonne la mission, "il se trouve que pendant cette période de pandémie mondiale, les calendriers et les opérations en mer de ces bateaux ont été assez perturbés. Ça nous a encouragé à trouver des solutions alternatives".

C'est une solution à basse empreinte carbone, "mais aussi à bas coût" qui a été trouvée pour cette mission qui se prépare à Brest. Des économies substantielles puisqu’il serait question d’une facture divisée par dix.

Un équipage pluridisciplinaire

La mission sera assurée par un équipage composé de six navigateurs et scientifiques, emmenés par le président de Blue Observer et skipper professionnel Eric Defert

Avec à son actif trois Solitaires du Figaro, une Route du Rhum et un record de l’Atlantique Nord en solitaire, le marin se dit aujourd’hui impatient de reprendre la mer. "Pour moi, c'est un moyen de conjuguer deux passions. De passer du temps en mer, naviguer à la voile, et amener ma petite pierre à l’édifice. On sait aujourd’hui que le climat, c’est un sujet assez préoccupant."

L’expédition devrait durer trois mois pendant lesquels Blue Observer effectuera également des prélèvements aériens de phytoplancton pour le compte de l’université canadienne de Laval et l’Institut de chimie de Clermont-Ferrand.