Brest. Le centre d’interprétation des phares verra-t-il le jour ?

Le Signal, un des éléments du Centre national des phares en projet dans le Finistère, est remis en question par la nouvelle majorité départementale qui le trouve trop coûteux. Pour le moment, aucune décision n’est arrêtée et le chantier continue sur le port de Brest.
Le chantier du Centre d'interprétation des phares, à l'entrée du premier éperon du port de Brest, est en cours.
Le chantier du Centre d'interprétation des phares, à l'entrée du premier éperon du port de Brest, est en cours. © France Télévisions - Mathieu Herry

A l’entrée du premier éperon du port de commerce de Brest, les travaux de démolition de l’ancienne criée, dont les murs doivent accueillir le Centre d’interprétation des phares, sont en cours. Ce bâtiment-musée de 2000m² doit ouvrir ses portes en 2022. C’est en tout cas ce qui était prévu par l’ancienne majorité socialiste du Conseil départemental, qui avait présenté son nom, Le Signal, au mois de mai. 

Mais la victoire de l’Alliance de la droite et du centre au deuxième tour des élections départementales, le 27 juin, pourrait tout changer. Le jour de son élection à la présidence, Maël de Calan a confirmé les intentions annoncées pendant la campagne : "Si c’est encore possible, nous abandonnerons ce projet. Je ne sais pas si c’est le cas, parce que nous n’avions pas accès à ces dossiers dans l’opposition mais si c’est possible nous le ferons, pour rénover le magnifique musée des phares qui existe à Ouessant."

"Ça fait longtemps qu’il annonce que c’est un projet presqu'inutile pour le département, rappelle Anne Maréchal, conseillère départementale de l’ancienne majorité, désormais dans l’opposition. Mais c’est une grave erreur. Cet équipement est né des suites du Grenelle de la mer et sans lui, les collections qui sont actuellement au musée des phares d’Ouessant peuvent partir."

40 millions d’économies

Pour la majorité, il s’agit de faire des économies pour financer les priorités de son mandat. Les objectifs annoncés sont de 40 millions d'euros annuels. "L’argent du département doit être mis au profit des plus vulnérables, pas de projets pharaoniques, disproportionnés au regard de nos capacités, continue Maël de Calan. Les collections doivent être présentées sur les îles : Batz, Ouessant, Molène, l’archipel des Glénans, Sein… nous voulons développer ces îles et pas les dépouiller d’un équipement touristique majeur qui de surcroît coûterait plus de 20 millions d’euros si ce projet se poursuivait." 

Une position qui ne convainc pas Anne Maréchal : "le Finistère s’était positionné pour faire cet équipement et accueillir les réserves nationales. Cet équipement moderne, adapté au 21ème siècle, ne peut pas se faire à Ouessant, parce qu’il faudrait le foncier pour le construire et pour des raisons d’accessibilité. Et l'essentiel des marchés ont déjà été passés."

Mais après les annonces, qui ont lancé cette polémique de lendemain d'élection, aucune vraie décision n'est prise. Le chantier de déconstruction de l'ancienne criée, dont les murs extérieurs restent debout, continuent en ce mois de juillet. Qu'en sera-t-il pour les phases suivantes du projet. L'été le dira, d'après le nouveau président du conseil départemental. "Le Département ne laissera évidemment pas de friche sur le port et nous agirons en responsabilité pour que le premier éperon s’aménage rapidement et dans les meilleures conditions, explique Maël de Calan. Nous ne prendrons aucune décision à la hâte avant d’avoir pris connaissance du dossier en détail, ce qui est en cours, et surtout d’avoir échangé autant que nécessaire avec le maire de Brest, le président de la région Bretagne, les services de l'Etat, les entreprises et tous les acteurs concernés." Un peu de patience, donc.

Problème de voisinage

Il y a quelques mois, ce sont les salariés de la compagnie maritime Penn ar Bed qui s'inquiétaient de l'emplacement de ce projet. Le bâtiment en chantier est en effet sur le quai où accostent les bateaux qui assurent les liaisons vers les îles de Molène et Ouessant pour le fret et les passagers. 

Le 1er éperon du port de Brest est celui où accostent les bateaux de la Penn ar Bed avant de partir vers les îles Molène et Ouessant.
Le 1er éperon du port de Brest est celui où accostent les bateaux de la Penn ar Bed avant de partir vers les îles Molène et Ouessant. © France Télévisions - Mathieu Herry

Les salariés et le syndicat CGT des marins mettaient en avant la sécurité sur le port, menacée selon eux par ce nouvel équipement. 

C'est l'un des arguments qui font dire à Maël de Calan : "Nous allons discuter avec la Région, responsable des liaisons maritimes, qui pourrait être intéressée par ce bâtiment." Mais la région Bretagne est aussi partenaire du projet du centre d'interprétation. 

Le Signal va-t-il s'éteindre avant même d'avoir été allumé ? Une décision devrait être prise à l'automne, d'après la nouvelle majorité de l'assemblée finistérienne.

 

 

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