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Brest - Des lycéens débattent du changement climatique et du climato-scepticisme

Des Terminales brestois ont organisé un "débat lycéen" autour du changement climatique et des climato-sceptiques devant une soixantaine de leurs camarades ce mardi à Océanopolis (Brest, Finistère). / © France3 Bretagne/Florence Malésieux
Des Terminales brestois ont organisé un "débat lycéen" autour du changement climatique et des climato-sceptiques devant une soixantaine de leurs camarades ce mardi à Océanopolis (Brest, Finistère). / © France3 Bretagne/Florence Malésieux

Après plusieurs rencontres avec des spécialistes, des élèves de Terminales ont organisé un "débat lycéen" devant une soixantaine de leurs camarades ce mardi 23 avril à Océanopolis à Brest. Une initiative locale encouragée par le ministère de l'Education nationale.

Par LB

"Est-ce que réellement, vous voulez inverser le réchauffement climatique parce que cela impacte les autres espèces ou parce que, en tant qu'humain, nous voulons sauver notre peau et les générations futures ?" Dans le public, Corentin, en Terminale S, met les deux pieds dans le plat. Ce mardi, à l'auditorium d'Océanopolis à Brest (Finistère), des élèves brestois du lycée de l'Harteloire ont mené pendant un peu plus d'une heure un débat devant leurs camarades de Terminale et ceux du lycée Amiral Ronarc'h. Climato-scepticisme, question du doute, fake news... plusieurs thèmes ont été abordés, en présence de plusieurs spécialistes de la question environnementale.
 
Aux côtés des lycéens, plusieurs spécialistes de la question environnementale étaient présents à Océanopolis (de g à d) : Michel Aïdonidis, chef du centre météorologique de Brest ; Guillaume Mézières, journaliste indépendant ; Fanny Barbier, documentaliste à la Bibliothèque La Pérouse ; et Samuel Toucanne, chercheur en géosciences marines à l'Ifremer. / © France3 Bretagne/F.M.
Aux côtés des lycéens, plusieurs spécialistes de la question environnementale étaient présents à Océanopolis (de g à d) : Michel Aïdonidis, chef du centre météorologique de Brest ; Guillaume Mézières, journaliste indépendant ; Fanny Barbier, documentaliste à la Bibliothèque La Pérouse ; et Samuel Toucanne, chercheur en géosciences marines à l'Ifremer. / © France3 Bretagne/F.M.

L'aboutissement d'un travail mené par une vingtaine d'élèves du lycée de l'Harteloire depuis le début de l'année scolaire. À plusieurs reprises, ils ont rencontré des personnels de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) et se sont même rendus, en novembre, dans l'un de ses laboratoires. Objectif : découvrir la démarche scientifique et le processus de validation et de publication des recherches.

"Nous voulions leur montrer que la science est quelque chose de long et de fastidieux et qu'une publication [scientifique] est nécessairement quelque chose de sérieux", détaille Samuel Toucanne, chercheur à l'Ifremer, qui leur a notamment montré des carotages et des forages sous-marins. "On a vu qu'il existe des données scientifiques au réchauffement climatique, que c'est concret. Il y a des preuves formelles que la terre se réchauffe, ce n'est pas un mythe", continue Anatole, l'un des lycéens qui a participé à ce travail scolaire.
 

Échanges et sensibilisation


Dans le public de l'auditorium, certains lycéens participent davantage que d'autres. Et cela aboutit parfois à des échanges un peu vifs, comme entre Corentin, qui interpelle sa camarade Siloé, une Terminale engagée dans le mouvement "Youth for climate" et qui a participé samedi à Brest à une opération "Plastick Attack" :

"- Votre mouvement est bien, mais il n'est pas durable. Cette action dans un supermarché, cela éveille les consciences, c'est bien, mais le lendemain, tu peux être sure que le consommateur va revenir et réutiliser les plastiques. C'est pareil quand vous ramassez les déchets sur les plages. Mais c'est tellement facile de jeter un mégot de cigarette que, si vous revenez le lendemain, vous aurez tout à refaire !
Bien sûr qu'ils ne vont pas changer d'avis d'un coup d'un seul, mais on les sensibilise petit à petit. Au-delà de cette sensibilisation, on souhaite construire des alternatives et leur montrer qu'elles existent."
 

"D'ici quelques années, des gens de ma génération arriveront à des postes de pouvoir et, à ce moment-là, on pourra vraiment commencer à influer des changements", espère Guilhem, un autre Terminale S. "Les questions très pertinentes de ce matin -même si on n'a pas toujours les réponses- étaient très intéressantes et instructives", se réjouit Michel Aïdonidis, chef du centre météorologique de Brest, l'un des spécialistes invités à ce débat.
 

"Échanger avec des experts, ce n'est pas courant", poursuit Guilhem. "Mon seul reproche, c'est que ces débats devraient être ouverts à tout le monde, pour pouvoir convaincre encore plus de monde." Mais cet aspect-là, déjà évoqué en amont par les établissements qui ont encadré ce travail (lycées, Ifremer, Université de Bretagne occidentale et les Ateliers des Capuçins), n'est pas à l'ordre du jour.
 

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