Candidat du groupe LREM à la présidence de l'Assemblée, Richard Ferrand, une des figures de la macronie

Richard Ferrand / © AFP - Joel Saget
Richard Ferrand / © AFP - Joel Saget

Incontournable de la macronie dont il est une des figures tutélaires, Richard Ferrand est en passe de devenir mercredi président de l'Assemblée nationale. Le député finistérien n'en fut pas moins contesté dans son difficile rôle de patron des députés LREM, affaibli par une affaire judiciaire.

Par T. Peigné (avec AFP)


Ce lundi, Richard Ferrand a vu la confiance du groupe LREM le propulser au pied du Perchoir de l'Assemblée nationale. Son élection à la présidence ne devrait être qu'une formalité mercredi, tant la majorité absolue du groupe LREM, 312 députés sur 577, ainsi que les voix des alliés MoDem, lui garantissent de succéder à François de Rugy, fraîchement nommé ministre de la Transition écologique. Une consécration pour le député de la 6ème circonscription du Finistère.
 

Dans les pas d'Emmanuel Macron

Parlementaire méconnu il y a encore deux ans et désormais futur quatrième personnage de l'Etat, Richard Ferrand a émergé dans le sillage d'Emmanuel Macron, dont il fut un des tout premiers soutiens.

Son costume d'homme de confiance ne semble pas s'être élimé au fil des années, qu'il s'agisse en 2015 de ferrailler dans la peau du rapporteur général de la loi du ministre de l'Economie Macron (il vivra pratiquement deux mois nuit et jour avec le locataire de Bercy, ferraillant durant plus de 400 heures de débats parlementaires et examinant près de 9 000 amendements), puis de structurer en 2016 le parti En Marche! du candidat Macron, ou encore de prendre en 2017 la tête d'un groupe inexpérimenté de quelque 300 députés pour voter les réformes du nouveau président.
 

Une présidence de groupe épuisante

Durant les 15 mois parfois électriques à la tête du contingent LREM de l'Assemblée, Richard Ferrand a du faire face à la gestion des premiers pas des uns, des égos des autres, des ambitions, des faux pas et des psychodrames. De quoi mener la vie dure à ce fumeur invétéré de 56 ans.

"Il faut donner de sa personne quand on est président de groupe", a-t-il soufflé auprès de l'AFP. Cet ancien socialiste a dû plusieurs fois affronter un vent de contestation au sein d'une frange minoritaire mais active parmi ses troupes. Des braises parfois attisées par son prédécesseur au Perchoir avec qui il a entretenu des relations conflictuelles. "Je pense que Richard Ferrand n'est pas bon pour le poste. Il ne parle à personne, ce n'est pas un bon manager", lançait la semaine dernière une députée LREM, formulant des critiques maintes fois entendues dans d'autres bouches: trop distant, trop directif, trop absent...
 

Les tourments de l'affaire immobilière

L'Aveyronnais de naissance a surtout essuyé la tempête de l'affaire immobilière le touchant. Ancien directeur général des Mutuelles de Bretagne de 1998 à 2012, il est toujours sous le coup d'une information judiciaire pour "prise illégale d'intérêts", après une première enquête classée sans suite. Actuellement, l'instruction ouverte par le pôle financier du TGI de Paris a été délocalisée à Lille.

L'affaire, révélée en mai 2017, lui a coûté jusqu'à présent coûté son portefeuille de ministre de la Cohésion des territoires, abandonné un mois plus tard pour la tête du groupe, et laissé des cicatrices personnelles importantes, notamment pour sa compagne, également mise en cause, et ses trois enfants de 28, 15 et 10 ans.
 
 

Élu du Finistère depuis 1998

Richard Ferrand est député de la 6ème circonscription du Finistère (Carhaix-Plouguer, Châteaulin, Châteauneuf-du-Faou, Crozon, Daoulas, Le Faou, Huelgoat, Ouessant, Pleyben) depuis 2012. Il a été réélu en 2017, conservant la faveur de ses électeurs alors qu'il était en plein tourment judiciaire des Mutuelles de Bretagne. Il a été conseiller général du Finistère de 1998 à 2011 et est conseiller régional depuis 2010.

Ce fils d'un artisan du bâtiment et d'une employée de commerce a atterri à gauche un peu par hasard, grâce au père d'un de ses amis, "Maurice, un avocat de Rodez qui militait au PSU". Parti seul à l'âge de 16 ans étudier en Allemagne, à Bielefeld, où il passe son bac par correspondance, il prend sa carte à son retour à 18 ans, en 1980. "J'ai été un Mitterrandolâtre très précoce", se souvient-il, en vantant "la clarté des idées et la complexité de l'individu". Il navigue ensuite entre différents courants au sein du PS, d'Henri Emmanuelli à François Hollande en passant par Martine Aubry.
 

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