Conseils pour le confinement : "Le sur-investissement des parents dans la scolarité me semble souvent contre-productif"

Créant la surprise, le président a annoncé qu'à partir du 11 mai, "les crèches, les écoles, les collèges et les lycées" seraient rouvertes "progressivement". Comment bien vivre ce deuxième mois de confinement pour les familles ? Réponse avec Daniel Coum, directeur de Parentel à Brest. 
Pour Daniel Coum, psychologue-clinicien, psychanalyste et directeur de Parentel à Brest, les ados doivent pouvoir rester dans leur chambre, sans rien faire "comme ils savent si bien le faire"
Pour Daniel Coum, psychologue-clinicien, psychanalyste et directeur de Parentel à Brest, les ados doivent pouvoir rester dans leur chambre, sans rien faire "comme ils savent si bien le faire" © D.R

Un mois au moins... C'est le temps qui reste avant d'espérer un début de déconfinement et une reprise d'école. A partir du 11 mai, les crèches, écoles, collèges et lycées rouvriront "progressivement", comme l'a expliqué ce 13 avril le chef de l'Etat. Nous avons demandé à Daniel Coum, psychologue clinicien, psychanalyste, directeur de Parentel à Brest, quelques conseils pour vivre au mieux cette nouvelle période inédite. 

Les parents doivent rassurer leurs enfants alors qu’eux-mêmes ont plein de raisons de s’inquiéter

Pour Daniel Coum, l’une des grandes difficultés de ce confinement sur le plan psychologique était liée à l’absence d’échéance. "On peut consentir à faire des efforts, encore faut-il que ces efforts aient du sens et qu’ils s’inscrivent dans une temporalité" explique le directeur de Parentel de Brest. Emmanuel Macron a donc fixé un cap hier soir et à donner un horizon aux Français.

Daniel Coum se réjouit car "cela va permettre de s’organiser". Cela dit, "les parents doivent rassurer leurs enfants alors qu’eux-mêmes ont plein de raisons de s’inquiéter, explique-t-il. Pas simple, dans ces conditions, de jouer le rôle de filtre protecteur. C’est réellement une charge très lourde pour les parents."
 

Comment les familles se sentiront-elles le 11 mai ?


A partir du 11 mai, il va y avoir une épreuve de séparation, selon Daniel Coum. "Pendant deux mois, parents et enfants, a fortiori adolescents, auront vécu ensemble. Ce ne sont pas des conditions épanouissantes. On sait que deux parents ne suffisent pas à l’enfant, il lui faut un réseau social, éducatif. Chacun doit pouvoir se séparer, sortir et se retrouver. Là, ce n’est pas possible. Au déconfinement, il faudra se déshabituer de cette proximité. Ce ne sera pas évident pour tous, surtout pour les parents anxieux qui, d’un coup, ne sauront plus forcément où sera passé leur ado."
 

Comment bien vivre ce nouveau mois de confinement ? 


Daniel Coum livre quelques conseils pour le mois de confinement qui reste. Il suggère de relâcher la pressiuon, notamment sur le plan scolaire. Les parents ne sont pas des maîtres tout court et donc pas des maîtres d’école, explique-t-il. Beaucoup veulent à tout prix réussir leur confinement. Cette pression s’ajoute à celle qu’ils se mettaient souvent déjà bien avant. Qu’est-ce que ça représente deux mois dans la vie d’un enfant ? Pas grand-chose quand on y réfléchit et cela ne remet pas en cause l’apprentissage de ses tables de multiplication. "

Les adolescents doivent pouvoir rester dans leur chambre à ne rien faire comme ils savent si bien le faire, les enfants doivent pouvoir continuer à jouer.

"L’enjeu, pour cette période, ce n’est pas d’être un bon enseignant pour son enfant, poursuit-il mais de continuer à être un bon parent. Il ne faut pas en faire trop et supporter de ne pas tout maîtriser. Le sur-investissement des parents dans la scolarité me semble souvent bien contre-productif. Les adolescents doivent pouvoir rester dans leur chambre à ne rien faire comme ils savent si bien le faire, les enfants doivent pouvoir continuer à jouer."

Daniel Coum a rédigé quelques points de repères à l’intention des familles pour mieux vivre le confinement 

 

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