Législatives 2024. "On est dans des postures égoïstes", l'équilibre instable des investitures du nouveau Front populaire en Bretagne

14 circonscriptions pour LFI, 5 pour le PS, 5 pour les écologistes et 3 pour le PC. Le partage des circonscriptions bretonnes depuis Paris pour le Nouveau Front Populaire a fini par tomber. Il a été globalement bien accepté, à l'exception du Finistère, où le PS local fait des siennes. Réactions dans les rangs de cette nouvelle union de la gauche.

Les candidats les plus chanceux l'ont appris hier soir à 18h, les autres au beau milieu de la nuit "à 4h ou 5h du matin". Le Nouveau Front Populaire a attribué les circonscriptions aux différents partis et aux différentes personnalités bretonnes. 14 circonscriptions ont été attribuées à LFI, cinq au PS, cinq au Pôle écologiste et trois au PC.

La France Insoumise domine et pour beaucoup, ça passe mal. Mais presque tous les ténors bretons de gauche ont compris "les enjeux qui se jouent" et ont décidé de faire campagne ensemble. Seul le PS du Finistère semble bien décidé de faire des siennes.

"On est clairement dans des postures égoïstes"

Dans le Finistère, les politiques locaux évoquent "un PS à l'ancienne à la Hollande et Cazeneuve", un PS foncièrement hostile à la France Insoumise. Alors que même l'ancien président socialiste adoube le Nouveau Front Populaire, il y a déjà trois potentielles candidatures dissidentes.

Dans la circonscription de Brest Centre, Pierre-Yves Cadalen (LFI) est investi candidat du Nouveau Front Populaire. Côté Brest-rural, c'est le candidat Insoumis Pierre Smolarz qui se présente. Dans les deux cas, des pilliers du PS local, voulaient se présenter en dissidents (ils ont finalement retiré leurs candidatures dans la soirée de vendredi, après la parution de cet article). Idem dans la 8e circonscription : Sébastien Miossec (PS) souhaite se présenter contre le candidat du Front Populaire.

"On est clairement dans des postures égoïstes." Glen Disseaux (EELV), dans la majorité de gauche à Brest, a décidé de donner un bon coup de pied dans la fourmilière PS. Il ne comprend pas l'attitude de ses amis socialistes. "C'est un moment historique, il faut être à la hauteur, être lucide." Il les appelle à retirer leurs candidatures. "Il faut ranger les égos au placard, c'est le moment !"

En colère contre les instances nationales

L'écologiste comprend la colère de ses alliés à la mairie de Brest. "Nos instances nationales ne nous ont pas écoutés. On avait proposé des candidats dans des circonscriptions qui avaient plus de chances de l'emporter. On n'est pas satisfait de l'équilibre des forces. Mais ça, c'est autre chose. Cela nous regarde en interne. Maintenant faut y aller."

"L'accord n'est pas parfait mais on a réussi à faire en quatre jours ce qu'on n'arrivait pas à faire en plusieurs mois."

Glen Disseaux

EELV

"Forcément, il y a des déçus, des frustrés et d'autres qui sont heureux mais ce n'était pas un exercice facile de trouver la bonne répartition entre les différentes forces politiques et les différents équilibres de 2022 et de 2024, philosophe Tristan Lehais, le candidat Génération.s à Rennes pour le Pôle écologiste. C'est délicat. Mais c'est un moment d'une gravité sans égal."

Dans cet état d'esprit, les trois autres départements se sont tous mis en ordre de bataille. "On a besoin de se rassembler." Dans les Côtes d'Armor, c'est le message que martèle Antoine Ravard, candidat du nouveau Front populaire (PS) pour la 3eme circonscription et secrétaire fédéral du parti socialiste dans le département. "Ici, on est pleinement engagé et on soutient à 100% toutes les candidatures du nouveau Front populaire."

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"Nous ne méritons sans doute pas d’être de gauche !?"

Seule une petite grogne nous est parvenue par le réseau social X de la part du président de Guingamp-Painpol agglomération. : "Les socialistes bretons ont été écartés de l’accord du Front Populaire. Nous ne méritons sans doute pas d’être de gauche !? LFI est désormais les leaders de la gauche bretonne d’après Paris."

S'il refuse de commenter ce post, il nous renvoie aux instances du PS local et semble militer tout de même pour l'union des gauches.

Stratégie de campagne commune

"Il y a une mobilisation massive des forces politiques mais aussi associatives, syndicales, citoyennes. J'ai bon espoir qu'on réussisse," avance Antoine Ravard. Les différentes forces politiques de gauche travaillent dans ce sens à l'image de la 5eme circonscription des Côtes d'Armor. "On se réunit ce soir, nous explique Pascal Blanloeil (LFI). Toutes les forces politiques locales seront là pour établir une stratégie commune. On oublie nos différences et on fait campagne ensemble."

"L'accord est bien accepté, avance Laurence Duffaud, 1ère secrétaire fédérale du parti socialiste en Ille-et-Vilaine. Il faut que le Front populaire gagne. Il y a de la déception, on n'a pas eu de circonscription supplémentaire en Ille-et-Vilaine. C'est le choix de rééquilibrage entre les différents départements et les différentes régions."

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"Chacun doit faire preuve de responsabilité."

En ordre de bataille. "Tout le monde part sur l'organisation de la campagne, explique Laurence Duffaud. On associe toutes les composantes des signataires de l'accord du Front Populaire. On est totalement solidaires. PC, Génération.s, PS et FLI unis. Au-delà des partis on essaye d'associer la société civile à cette campagne."

Tous au PS refusent de commenter ce qui se passe dans le Finistère. En premier lieu les socialistes finistériens eux-mêmes. On a quand même eu le droit de la part de Laurence Duffaud un petit : "Chacun doit faire preuve de responsabilité." Le message est passé.

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