Précarité, salaires dérisoires... Pourquoi les AESH, comme Elodie à Brest, descendent dans la rue aujourd'hui ?

Ces Accompagnants d'Enfants en Situation de Handicap occupent un rôle clé dans l'éducation des élèves handicapés. Ils sont pourtant très peu reconnus, en sous-effectifs, et souvent bien mal payés.

A.E.S.H.. Un acronyme un peu barbare pour désigner celles et ceux qui accompagnent les élèves en situation de handicap. "Des acteurs-clés" de l'école inclusive depuis la maternelle au lycée, admet l'Education nationale. Souvent des femmes.

En classe, les AESH aident les élèves à suivre les cours puis les guident pour mieux apprendre. Pour les parents, ils représentent un espoir de scolarité normale. Pour les enseignants, ce sont des soutiens précieux pour continuer à faire cours à des classes de trente élèves aux niveaux disparates. 

 

Je ne pourrais pas me passer d'elle

Marceau, élève en 3e

 

Elodie s’est lancée dans ce métier il y a dix ans maintenant. Elle aide plusieurs élèves au collège Saint-Pol Roux à Brest (Finistère),en 6e et 3e. 28 heures de cours par semaine pour un salaire d'environ 900 euros.

"Je ne pourrais pas me passer d'elle", confie Marceau en 3e.

Très investie, Elodie précise : "Il n'y a pas que les heures de classe. On fait aussi des aménagements de cours, des fiches mémoire pour aider les élèves [à mieux apprendre]. Et quand ils ne vont pas bien, on prend le temps sur la pause de midi, ce qui ne correspond pas à nos heures notées et payées." 

 

900 euros par mois

 

Comme Elodie, bon nombre d'AESH n'en peuvent plus. Un salaire dérisoire, bien que revalorisé en août 2021, la précarité, le manque de considération de la part de l’Inspection d’académie, les ont conduits à lancer un appel à la grève ce mardi 19 octobre. 

De plus en plus d’enfants ont besoin d’AESH si bien que les accompagnants effectuent quelques heures avec un élève, quelques heures avec un autre, parfois dans des établissements différents, tout comme Elodie. "Il faut pourtant du temps pour tisser des liens avec un enfant".

 

Dix ans de CDD

 

A ces conditions de travail difficiles s'ajoute un statut bien précaire. "Leur contrat, d’une durée de trois ans, est renouvelable une fois, avec la possibilité d'obtenir à terme un contrat à durée indéterminée", explique l'Education Nationale. Dans les faits, cela peut être beaucoup plus long. Elodie, elle, enchaîne les contrats à durée déterminée depuis dix ans.

 

Manque de formation 

 

Les AESH, qui sont des agents contractuels de l'Etat, demandent aussi à être reconnus comme des fonctionnaires.

Enfin, les accompagnants réclament une meilleure formation aujourd'hui quasiment inexistante. Les élèves peuvent avoir des pathologies lourdes, difficiles à gérer. "Quand on démarre, on nous lâche directement dans le grand bain", explique une AESH.

Plusieurs rassemblements sont prévus dans toute la France notamment en fin de journée à Rennes et Brest.

 

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