Confinement : Quand les cours en ligne ne sont qu'une formalité (ou presque) pour ces élèves ingénieurs de Brest

Elouan suit ses cours de 3e année d'école d'ingénieur depuis son studio d'étudiant à Brest / © Elouan Hocine/France 3 Bretagne
Elouan suit ses cours de 3e année d'école d'ingénieur depuis son studio d'étudiant à Brest / © Elouan Hocine/France 3 Bretagne

Période de confinement oblige, les étudiants suivent leurs cours en ligne. C'est le cas pour les élèves ingénieurs de l'Institut supérieur de l'électronique et du numérique (ISEN) à Brest. Témoignages... à distance.

Par Carole Collinet-Appéré


9h du matin. Ce n'est pas dans une salle habituelle de l'Institut supérieur de l'électronique et du numérique (ISEN) que Maëlle et Elouan vont suivre leurs cours du jour. Les deux étudiants ingénieurs, confinés chez eux, doivent se connecter à une salle virtuelle pour retrouver leur classe. "Le prof fait l'appel, comme d'habitude, explique Elouan, et on corrige ensuite les travaux dirigés qui ont été donnés la veille." Avant d'attaquer ceux de la journée qui seront rendus à 18h, dernier carat.


"On gère en solo"


L'école veille à préserver le rythme des étudiants et à ne pas trop chambouler leur emploi du temps, même si quelques aménagements ont été nécessaires.
Elouan et Maëlle sont en 3ème année de biologie sciences des technologies et travaillent sur un projet de cardio fréquence mètre. "Ce projet est en fait une mise en pratique des enseignements théoriques, souligne Maëlle. En temps normal, on bosse à deux et on a une partie à réaliser en laboratoire. Mais là, on gère en solo et on se contente de faire de la préparation. Ce qui est frustrant mais on n'a pas le choix."

Ces cours à distance bousculent forcément les méthodes de travail. Et la concentration. "Ce n'est pas évident, dit Elouan. Cela demande une grande autonomie et de la discipline de travailler chez soi. Mais c'est une expérience qui sera bénéfique, au final, j'en suis certain."

 
Maëlle a transféré sa vie étudiante de Brest à Nantes, chez ses parents / © France 3 Bretagne
Maëlle a transféré sa vie étudiante de Brest à Nantes, chez ses parents / © France 3 Bretagne


L'ISEN s'est mis en ordre de bataille dès mercredi dernier, en louant tout d'abord des serveurs capables d'absorber la connexion simultanée de 500 élèves en moyenne par jour. "Les enseignants et les étudiants ont été formés à l'utilisation de l'outil virtuel, indique le directeur de l'école, Marc Faudeil. Nous avons créé autant de salles virtuelles qu'il y a de salles réelles au sein de l'école". Un jeu d'enfants, ou presque, pour cet établissement qui forme les futurs ingénieurs des métiers du numérique. "Disons que nous avons l'habitude de travailler sous forme de web conférences, mais pas à cette échelle."

Les étudiants se retrouvent virtuellement classe par classe. "Nous n'avons pas modifié la pédagogie, note Marc Faudeil. Tous les cours sont dispensés, à part les travaux pratiques qui nécessitent du matériel, comme en physique par exemple. Ils ont été reportés."

 
Ici, sur l'écran, une salle de classe virtuelle. Les étudiants rejoignent chaque jour la salle qui correspond à leur groupe habituel / © France 3 Bretagne
Ici, sur l'écran, une salle de classe virtuelle. Les étudiants rejoignent chaque jour la salle qui correspond à leur groupe habituel / © France 3 Bretagne


Quid de la fracture numérique qui existe aussi chez ces élèves et certains enseignants ? Car c'est une réalité : tous n'ont pas accès à internet et ne peuvent donc pas rejoindre ces salles de cours virtuelles. "L'école va leur fournir un forfait 4G" annonce le directeur de l'ISEN.


En dehors des cours, on se connecte entre nous et on s'entraide


Pour vivre cette période de confinement, Maëlle est repartie dans sa famille à Saint-Herblain, près de Nantes. "Pour l'instant, ça va, confie-t-elle, mais sur la durée, ce sera plus difficile". Elouan, lui, a choisi de rester dans son studio à Brest. "J'ai des loisirs d'intérieur" sourit-il.

Ils ne savent pas s'ils pourront mener leur projet de cardio fréquence mètre jusqu'au bout. Tout comme ils s'interrogent sur le stage qu'ils ont à valider à l'étranger. "On espère que ça le fera" concluent-ils avant de revenir à leur sujet du jour : la mise en oeuvre de ports entrée/sortie sous interruption !


 

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