"Seul dans 200m² au travail, je n'en vois pas l'intérêt" : doutes sur le port obligatoire du masque en entreprise

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Écrit par Corentin Bélard

Le Premier ministre, Jean Castex, l'a annoncé : le port du masque sera obligatoire dans les entreprises pour tous les salariés. Mais pour le moment, la mesure reste difficile à mettre en place. À Guipavas, le site d'Alcatel l'a déjà instauré.

La rentrée masquée ne se fera pas seulement dans les écoles, collèges et lycées. Le gouvernement, par la voix de Jean Castex sur France Inter, a décidé de rendre le masque obligatoire également au sein des entreprises, privées comme publiques. 

Pour l'heure, aucun décret ou loi n'a été promulgué, mais Emmanuel Macron avait affirmé mardi 25 août à l'issue d'un Conseil de défense sanitaire que "des règles claires seraient instaurées partout". 

Déjà, des entreprises avaient fait le choix de l'imposer dans leurs locaux. C'est le cas à Guipavas, chez Alcatel Lucent. 

Mikaël Férelloc, ingénieur au support technique, pense qu'il faut "toute raison garder. Quand je suis dans une grande salle de plus de 200m² et que je suis tout seul, je ne vois pas quel est l'intérêt de garder un masque".
Son travail consiste à simuler des incidents chez les clients au moyen de plusieurs ordinateurs et téléphones. Il pourrait difficilement travailler à la maison. Même si le port du masque ne l'incite pas à travailler sur site, il souhaite rester pour "ne pas perdre le lien social, avec les collègues et l'entreprise."
 

Le choix est laissé au salarié


"Les salariés devaient le porter lorsqu'ils se déplaçaient dans les couloirs, mais pouvaient le retirer une fois assis" explique Eric Lechélard, directeur d'Alcatel-Lucent Brest et DRH d'Alcatel France. Désormais, il devra être porté partout et tout le temps.

L'entreprise laisse le choix au salarié : il peut rester travailler depuis son domicile ou revenir à son poste. Mais parmi les employés, les avis diffèrent sur la nécessité d'une telle obligation.

D'autres salariés sont moins réticents à l'idée de porter le masque 8 à 10 heures par jour. "À condition de faire des pauses à l'extérieur pour s'aérer, confie Olivier Bouchet, manager au support technique. Je préfère être présent sur site, mais c'est mon choix personnel. Cette contrainte, je l'accepte."
 

Anticipation sur le port du masque


Dans l'entreprise de télécommunications, le masque était rendu obligatoire dès le début du confinement, à la mi-mars. Mais pendant cette période, "l'ensemble des salariés était en télétravail. Ils ont pu revenir sur site depuis le 1er juin."

Le site finistérien compte 250 salariés. Avant la pandémie, 50% d'entre-eux travaillaient déjà depuis leur domicile. À la veille de la rentrée, ils sont entre 20% et 30% à être revenus travailler à Guipavas. 

Un recours massif et une anticipation qui font que "seuls 10 cas de contaminiation positive au coronavirus ont été recensés sur les 2 100 salariés de l'ensemble d'Alcatel-Lucent" se félicite Eric Lechélard.

Ce jeudi 27 août, le nouveau préfet du Finistère, Philippe Mahé, s'est rendu à Alcatel-Lucent. Une entreprise qui "a su s'adapter au contexte sanitaire et aux protocoles à mettre en place en milieu professionnel" grâce à "des pratiques vertueuses, dans un esprit de dialogue social et d'anticipation" communique-t-on à la préfecture.