VIDEO. Un herbier de plus de 200 ans déniché dans les monts d'Arrée, expertisé au Conservatoire botanique de Brest

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Le reportage de Muriel Le Morvan et Manon Le Charpentier. Montage Sylvie Secret. ©France 3 Bretagne

Il date probablement du 18ème siècle. Peut-être même qu'il a été confectionné par le grand botaniste Jacques Barbeu du Bourg. L'herbier, récupéré par l’Ecole bretonne d’herboristerie de Plounéour-Ménez, dans les Monts d'Arrée, va être expertisé par le Conservatoire botanique de Brest. Un livre précieux révèlera alors tous ses secrets. Quelques indices sont déjà visibles...

C'est un objet rare et particulièrement ancien que l'école bretonne d'herboristerie vient de remettre au Conservatoire botanique de Brest : un herbier d'environ deux siècles et demi. Un livre "impressionnant" à plus d'un titre.

Par son âge déjà : il reste à être précisé, mais on l'estime aux alentours de 250 ans. Par sa taille : 500 planches. Mais aussi par son contenu : sur chacune se trouvent en effet deux ou trois plantes.

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Des plantes dont le nom est écrit en latin, mais aussi en français. "C'est émouvant", s'enthousiasment les membres de l'école bretonne d'herboristerie présents ce mercredi, juste avant le départ de l'objet au conservatoire botanique de Brest. Ils savent combien les détails sont importants…

Et des détails, il y en a, parmi ce millier de plantes savamment répertoriées et conservées. 

"Déjà l'absence de localité montre une certaine ancienneté, décrypte Claire Laroche, documentaliste du Conservatoire botanique de Brest. Ensuite, il y a ce système d'attachage par épingles en cuivre, ce qui n'est pas si courant que ça... Là, y a trois spécimens, généralement, on en met un voire deux maximum..."

Et puis il y a ces deux noms. Un en latin, un en français. "Ce sont des indices qui nous montrent que cet ouvrage pourrait être daté du 18ᵉ" confirme Claire Laroche. À cette époque en effet, celle des Lumières, un botaniste de renom a marqué un virage : Jacques Barbeu du Bourg.

Le médecin, connu pour avoir inventé le paratonnerre portatif, est aussi polygraphe, historien et scientifique. C'est lui qui en 1767 écrit "Le Botaniste français", un ouvrage en deux volumes, dans lequel il décrit les plantes des environs de Paris ainsi que l’usage médicinal des différentes espèces. Des indications qu'il mentionne en français, en non en latin, ce qui à l'époque est une grande première. 

Barbeu est-il l'auteur de cet herbier ? L’expertise graphologique le dira peut-être... Ce qui est déjà sûr c'est que l'auteur de cet ouvrage transmis au Conservatoire botanique de Brest était motivé par la même volonté de vulgariser, et de rendre les informations accessibles à tous :

"Lui aussi, le botaniste de l'époque, il voulait transmettre la connaissance à tout un chacun. C'est pour cela qu'il a introduit le français dans son herbier, pour faire connaître la connaissance du végétal, à ses collègues de l'époque bien sûr, mais aussi à tout le monde !" explique enthousiaste Marie-Jo Fourès, formatrice et fondatrice de l’Ecole bretonne d’herboristerie de Plounéour-Ménez, dans les Monts d'Arrée.

C'est cette association qui a récupéré l'ouvrage des mains d'un ancien stagiaire. Mesurait-il la rareté de l'objet ? 

Pour l'instant, nul ne connaît son âge précis, ni son auteur, mais des analyses vont être menées. 

L'herbier est désormais propriété du Conservatoire botanique de Brest. C'est désormais son plus ancien ouvrage. Il devrait être expertisé et restauré l'an prochain.

(Avec Muriel Le Morvan)