Fête des morts. En Bretagne, des pratiques anciennes rappellent celles d'Halloween

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Écrit par Emilie Colin
En Bretagne, on s'amusait à se faire peur en taillant des navets ou des betteraves fourragères
En Bretagne, on s'amusait à se faire peur en taillant des navets ou des betteraves fourragères © J. Le Bot - France Télévisions

Le 31 octobre c'est le jour d'Halloween, le temps où les enfants en profitent pour se déguiser et frapper aux portes pour collecter des bonbons. Bien que cette fête vienne d'Irlande, on retrouve en Bretagne des pratiques anciennes assez similaires selon l'ethnologue Fañch Postic.

Le 31 octobre c'est Halloween, un jour où l'on aime se déguiser, se faire peur. Cette fête prend ses origines dans les pays celtiques comme l'Irlande. Là-bas, on célèbrait Samain, ce passage entre la fin de l'année et l'entrée dans une nouvelle année. Durant cette nuit, les Celtes pensaient que les frontières entre les vivants et les morts s'ouvraient. 

En Bretagne, des traditions similaires ont existé. Fañch Postic, ethnologue et spécialiste des pratiques populaires celtiques. Il a recueilli plus de 150 témoignages principalement dans le Finistère. Il évoque ces ressemblances, jusque dans la taille des légumes pour les décorations. "Dans la tradition bretonne au XIXème siècle, on avait  l'habitude d'utiliser des betteraves fourragères ou des navets qu'on creusait, dans lesquels on mettait des bougies. C'était surtout les jeunes qui faisaient cela pour faire peur. Ils attendaient les jeunes filles à un carrefour ou à une entrée de champ pour les effrayer à la nuit tombée".

Des chants de la Toussaint, de ferme en ferme

Comme pour Halloween, des groupes d'adultes allaient de maison en maison, de ferme en ferme, dans tout le sud de la Bretagne, de l'île de Sein jusqu'au pays vannetais. "Ils allaient chanter des cantiques, des chants de la Toussaint en pleine nuit, des chants assez terrifiants. On les faisait rentrer dans les maisons, on leur donnait de quoi manger. Une crêpe les attendait parfois et de l'argent, pour faire dire des messes pour les morts par la suite"

En Bretagne, il y a une familiarité avec le monde des défunts

Fañch Postic

D'autres points communs avec cette tradition celte apparaissent dans le Finistère. A commencer par le calendrier : deux saisons au lieu de quatre. La période claire qui commence le 1er mai et la période sombre qui commence le 1er novembre. C'est à ce moment qu'une porte s'ouvre vers l'au-delà. "La Toussaint c'est le moment où le monde des vivants et celui des morts 'an anaon' (les âmes, les morts ou les trépassés) communiquent. Les portes sont ouvertes pendant un certain temps. Les vivants peuvent aller voir de l'autre côté ce qu'il se passe, à leurs risques et périls. Et les défunts et autres êtres fantastiques peuvent venir dans le monde des vivants avec des intentions pas toujours louables. Donc il faut faire attention, ce sont des moments un peu dangereux". 

Si vous voulez en savoir plus, Fañch Postic recommande la lecture d'un grand classique de la littérature bretonne "La légende de la mort", d'Anatole Le Braz. 

 

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