La Gorsedd des druides, pour la première fois à Plouhinec, dans le cap Sizun

Chaque été, les druides de Bretagne se réunissent pour une assemblée, ouverte au public. L'occasion de découvrir les rituels druidiques et leur philosophie, car loin d'être détachés du monde, ils sont au contraire engagés et n'hésitent pas à défendre des causes, telle l'urgence environnementale.

La Gorsedd des druides de Bretagne pour la première fois à Plouhinec, Cap Sizun
La Gorsedd des druides de Bretagne pour la première fois à Plouhinec, Cap Sizun © Muriel le Morvan - France Télévisions
La Gorsedd de Bretagne, entendez "assemblée" en breton (en gallois – breton : goursez), est donc l'assemblée annuelle des druides, la seule ouverte au public. Et cette année pour la première fois, depuis sa fondation en 1899, elle se tenait dans le Cap Sizun, à Plouhinec.

Cette cérémonie des druides, bardes et ovates de Bretagne, s'est ouverte par l’offrande des fleurs, avec l’accueil des délégués d’Outre Manche, puis par un appel à la paix, tout cela ponctué de morceaux de harpe, de biniou et bombardes et de chants bretons. Une succession de rituels, en costumes, avec des prises de parole en breton, qui ont pu paraître un peu folkloriques aux quelques touristes présents ce dimanche matin à Plouhinec. Mais Per Vari Kerloc'h, le grand druide, lui, ne supporte pas ce terme : "je pense que ça n'est pas du tout folklorique. On utilise la musique bretonne et la langue bretonne. Si parler breton, c'est folklorique, alors effectivement... Mais ça n'est pas du tout notre conception des choses."
 

Et je pense que faire ce genre de choses, basées sur des rituels et des symboles, ça parle quelque soient les époques !

 

Une communauté engagée et inscrite dans son époque


Les druides bretons s'inscrivent délibérément dans leur époque, "Il a adressé un  message important concernant la Covid-19, à l'attention du personnel soignant et des hôpitaux, qui ont été très présents.", relate ainsi Lucy, une spectatrice. La Gorsedd a encore distingué des municipalités menant des politiques en faveur de la langue bretonne, ainsi que Bretagne Vivante, l'association pionnière des luttes environnementales en Bretagne et d'une éducation populaire à la protection de la nature, une thématique au coeur de la philosophie druidique,  comme nous le confirme le grand druide : "Certains ont essayé de nous alerter depuis longtemps. nous leur devons une reconnaissance pour le travail qui a été fait et pour la prisez de concience qui j'espère sera beaucoup plus large et se traduira en des termes politiques." 

  

Le rite du brin de gui


La cérémonie s'est achevée par l’union du glaive brisé, symbolisant les liens culturels et l’origine commune des Bretons, des Gallois et des Cornouaillais. Chacun a eu droit pour finir à un brin de gui, la plante des druides considérée comme le sang de l'eau et des arbres, le sang du monde.
 

Le druidisme 


Le druidisme de la Gorsedd de Bretagne n'est pas une religion, mais plutôt une fraternité et un engagement spirituel, de compréhension du monde, un cheminement initiatique, dont l'objectif est de donner du sens à son existence. Une philosophie de la sagesse, née dans le monde celte et qui défend l'homme, le respect des différences et l'ouverture sur le monde. Un mouvement également très proche de la nature. D'autres entités vivent le druidisme comme une religion. "La Gorsedd, comme les autres groupes possède un calendrier liturgique ou un festiaire (fêtes celtiques, solstices et équinoxes), des tenues sacerdotales, une prière...etc... Ici le mot "religion" se redéfinit par peu ou pas de dogmes, des textes sacrés de référence variables, pas d'organisation globale" précise Grégory Moigne, doctorant au Centre de recherches bretonnes et celtiques à Brest. 
 
Tout un chacun après plusieurs années d'apprentissage peut devenir druide aujourd'hui, selon les critères du groupe auquel il adhère. La Gorsedd impose par exemple deux années d'initiation avant d'entrer comme barde ou ovate, puis, plus tard, selon le souhait de l'impétrant, devenir druide.
 
Per-Vari Kerloc'h est le grand druide depuis 2008. Écrivain de langue bretonne, il était cadre dans la fonction publique, où il a exercé des responsabilités syndicales. Avant lui, et pendant près de 30 ans, c'était Gwenc’hlan Le Scouëzec, qui était médecin allergologue à Quimper, après avoir enseigné le français en Grèce. Il a été l'un des fondateurs de Skoazell Vreizh, militant au PSU, puis à l'UDB. Ce grand druide était lui aussi écrivain. Il est devenu éditeur et galériste à partir de 1985.
 
 
Pour en savoir plus sur le druidisme
- "Les druides" par Christian-Joseph Guyonvarc'h, Françoise Le Roux
- "Les fêtes celtiques" par Christian-Joseph Guyonvarc'h, Françoise Le Roux
- "Les druides : des philosophes chez les Barbares" par Jean-Louis Brunaux
- "Les druides : modernité d'une tradition millénaire" par Thierry Jigourel
- "Les druides : les sociétés initiatiques celtiques contemporaines" par Michel Raoult
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