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“A hauteur d'homme”, une vibrante rétrospective sur Thersiquel, photographe de l'âme bretonne

Montage photo des affiches de l'exposition de Michel Thersiquel / © DR
Montage photo des affiches de l'exposition de Michel Thersiquel / © DR

L'humanité et la tendresse de Michel Thersiquel saisissent dans la première rétrospective sur l'œuvre de ce photographe breton disparu en 2007 à l'âge de 63 ans. Une exposition qui rencontre un vif succès à Quimperlé.

Par Stéphane Grammont avec AFP

Cette double exposition "A hauteur d'homme" - la principale en noir et blanc à la chapelle des Ursulines, l'autre en couleurs à la Maison des Archers, avec des photographies prises entre 1970 et 2005 - a attiré près de 17.000 visiteurs depuis juin.

Elle sera reprise, légèrement remaniée, au port-musée de Douarnenez du 7 décembre au 28 mai 2017, puis partira l'été prochain en République tchèque.

Un pêcheur recousant une voile, une bigoudène derrière le comptoir de son épicerie, un gitan devant sa caravane, un couple de paysans en train de faner, une vieille dame s'abandonnant devant l'objectif, ses longs cheveux blancs défaits...

Le photographe a su saisir l'instant, la vérité d'un regard, la précision d'un geste, en gagnant la confiance de ses sujets même les plus farouches. Qui pouvait imaginer, dans la Bretagne traditionaliste du début des années 70, qu'une femme autorise un homme à entrer dans sa chambre et se laisse photographier assise devant son lit défait ?

"Il y a deux sortes de photographes. Ceux qui volent le visage des autres sans vergogne et par traîtrise. Et ceux qui ne braquent leur objectif sur l'admirable figure humaine qu'après un long travail du coeur et de l'intelligence", a écrit le poète, écrivain et journaliste finistérien Xavier Grall (1930-1981), dont le portrait figure dans l'exposition.

Il apprivoisait tout le monde


Fils d'un horloger et photographe de campagne, Thersiquel ouvre en 1966 un atelier-boutique à Pont-Aven. Là, sous la verrière orientée plein nord à la plus belle des lumières, il a capté le regard de milliers de modèles, connus ou inconnus.

Ces portraits impressionnent Jean-Claude Lemagny, à l'époque conservateur en charge de l'art photographique à la Bibliothèque nationale de France à Paris. Celui-ci leur fait une bonne place dans l'exposition Visages (1972), première consacrée à la photo à la BNF, aux côtés de clichés d'Henri Cartier-Bresson ou Robert Doisneau.

Mais le talent de "Thersi", comme l'appellent ses proches, va bien au-delà de cet art du portrait serré.

Depuis son retour en 1973 à Bannalec, son village natal près de Quimperlé qu'il a retrouvé après avoir fermé sa boutique de Pont-Aven, cet homme timide a arpenté le Finistère et les Côtes-d'Armor pour capter les Bretons au travail, ces humbles à qui il a rendu leur dignité.

Ses photos de pêcheurs, avec qui il partait pour des semaines en pleine mer, sont saisissantes. Comme celle, très picturale, de ces quatre hommes enfouis sous leur ciré, réparant un filet dans la tempête.

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