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L'île de Sein “vent debout“ contre le prêt de leur canot SNSM aux Sables d'Olonne : ”il ne partira pas !”

© Carole Collinet France3 Bretagne
© Carole Collinet France3 Bretagne

Stupeur dans l'île : la Direction Nationale des Sauveteurs en mer vient de décider de réatribuer le canot de la station finistérienne à celle des Sables d'Olonne jusqu'au 15 septembre. Aprés le naufrage du "Jack Morisseau" en juin dernier, la cité sablaise n'a plus aucun bateau opérationnel.

Par Catherine Jauneau

La catastrophe avait provoqué une émotion nationale dans le milieu maritime. Le 7 juin dernier, trois marins de la SNSM avaient perdu la vie en portant secours à un chalutier en détresse au large des Sables d'Olonne. Au coeur de la tempête Miguel, les vagues ont fait chavirer leur canot. 

Depuis, privé d'une unité, la station vendéenne se retouve sans moyens de secours. En effet, son second canot est à quai depuis janvier 2019 pour des problèmes de structures. Ne reste qu'un petit zodiac d'intervention.

"On supprime d'un trait notre station"

 
Le 22 juillet dernier, Annick Billon, sénatrice de Vendée, membre de la mission parlementaire sur le sauvetage en mer, s'est rendue dans la station sablaise. Un SMS a été envoyé au Président Emmanuel Macron pour signaler l'urgence de la situation. 
Au final, c'est donc la canot de l'ile de Sein qui sera prêté . En apprenant cette décision, les Seinans ne décolèrent pas. 
 
"Le bateau ne partira pas. la population est unanime, nous sommes prêts pour d'éventuelles actions. On supprime d'un trait notre station de sauvetage. c'est une choix unilatéral. Nous avons juste été avisé par mail et par téléphone une fois la décision prise" s'insurge Ambroise Menou, adjoint au maire.

 
 

Les Seinans privés de moyens pour les urgences médicales


Que devrait-il se passer ? les opérations de sauvetage dans le Raz de Sein seront assurées par les stations d'Audierne et de Molène et les moyens aériens habituels . "Mais il n'y aura plus de moyens pour les transports de patients vers le continent en cas d'urgence quand l'hélicoptère n'est pas disponible" précise Jacques Fouquet, Président de la station SNSM de l'ile. "On s'appuie sur l'émotion du drame des sables d'Olonnes, c'est honteux. Le canot de Vendée ne sera pas remis à flot selon le calendrier avancé, le nôtre ne reviendra pas. Il y a bien d'autres moyens pour financer un canot chez nos voisins."


Une vedette dernière génération financée grâce à un leg destiné à la SNSM de l'île de Sein


Lancé en avril 2016, la vedette tout temps " Yves-et-François-Olivaux" a été financé grâce à un leg d'1,4 million de Mme Olivaux qui a souhaité que l'unité porte le prénom de ses enfants. La donatrice avait précisé qu'elle devait être attribuée aux sauveteurs de bretons de l'île de Sein. Ce sont les responsables de la station SNSM qui ont établi le cahier des charges et les études pour réaliser le moule du bateau de nouvelle génération. C'est d'ailleurs ce moule qui , explique Jacques Fouquet, a servi pour réaliser le canot actuellement immobilisé aux Sables d'Olonne.

La station SNSM de Sein, crée en 1865, est mythique. Les 120 habitants de l'île ( 1 500 en été) sont unanimes pour conserver leur canot. Ce matin, sur les quais, la colère montait.


 

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