Jet d’encre, le festival de dessin de presse et d’humour à faire marée !

Publié le
Écrit par Chloé Tempéreau

Le petit port de l’Aber Wrac’h dans le nord Finistère accueille les 7, 8 et 9 août une dizaine de dessinateurs de presse pour la deuxième édition du festival Jet d'encre. Leurs œuvres sont accrochées dans les vitrines des commerces et le long des quais jusqu’à la fin du mois.

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Ce samedi, Emmanuel Guiavarc’h, créateur du festival, plus connu dans le métier sous le pseudo Manu, a réuni plusieurs dessinateurs de presse pour parler de leur travail. Autour de la table, Nono dessine dans le Télégramme, Alain Goutal œuvre à Médiapart, Faujour sévit à Siné Hebdo et Loïc Schwartz à Charlie Hebdo.

 

 

"Proposer un regard décalé"

Pour ce dernier, qui collabore régulièrement avec notre rédaction, dessiner pour la presse c’est "proposer un autre regard, décalé, sur l’actualité, y compris sur des faits graves. Ces dessins sont à prendre au second degré, il faut avoir une certaine culture pour les décoder, sinon on peut être choqué, or le but est de faire rire."



A tour de rôle, ils racontent comment ils ont commencé à noircir du papier. Manu dit avoir découvert le métier grâce à la paresse : "Je me suis rendu compte qu’on pouvait raconter une histoire en un seul dessin !" Goutal, lui, a caricaturé ses copains d’école. C’est l’un d’eux qui lui subtilisera ces dessins pour les montrer à un certain Glenmor, l’un des fondateurs de la revue Nation bretonne.

 


Schwartz explique : "Mes parents s’étaient aperçus qu’en me donnant un bout de papier et un crayon, je leur fichais la paix." Quant à Faujour, il a démarré sa carrière dans son livre de catéchisme. "On s’emmerdait tellement, alors je me suis mis à dessiner."

Il faut être armé d’un solide mauvais esprit pour être dessinateur de presse

Goutal

"La censure est énorme"

Très vite, la discussion s’oriente vers la liberté d’expression et son amie la censure. "Là, où la démocratie n’existe pas, il n’y a pas de journaliste, ni de dessinateur de presse", dit Goutal. "Le dessin de presse est extrêmement dangereux pour le pouvoir en place, même ici en France. Au début de son mandat, Macron a dit : 'Les journalistes pourront enquêter, un peu, les humoristes pourront faire rire, un peu, et les caricaturistes pourront dessiner, un peu.' Ça en dit long sur la liberté d’expression en France aujourd’hui !"

 


Faujour partage le même constat et en rajoute : "Y a pas que Macron qui fait chier, c’est l’univers tout entier qui fait chier ! La censure est énorme, énorme ! Même du côté des gens qu’on croit de notre bord ! Aujourd’hui, on peut gagner sa vie comme dessinateur de presse, les supports papiers et numériques ne manquent pas, mais la liberté pour dessiner, elle, fait défaut !" Nono enfonce le clou : "J’ai travaillé 25 ans à Ouest France, il y avait deux sujets interdits : la religion et la sexualité."

 
 

S’ils nous font rire, les dessinateurs de presse, eux, grimacent. Mais ils participeront volontiers encore ce dimanche à une séance de dédicaces entre 15 heures et 17 heures à l’Aber Wrac’h.

 
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