Médecine générale : une spécialité en perte de vitesse

Un élève en médecine générale / © C. Polet
Un élève en médecine générale / © C. Polet

Jusqu'à mardi, vous risquez de trouver porte close chez votre médecin généraliste. La profession manifeste son opposition au projet de loi santé de Marisol Touraine, qui prévoit notamment la généralisation du tiers payant. En perte d'effectifs, la médecine générale cherche à attirer des jeunes.

Par Thierry Peigné

La quasi-totalité des organisations de médecins libéraux ont appelé à la fermeture des cabinets de samedi à mardi. La prise en charge des patients devrait néanmoins être assurée, éventuellement via des réquisitions de médecins. Les grévistes opposés à la généralisation du tiers payant d'ici à 2017, demandent le retrait du projet de loi de la ministre de la santé, Marisol Touraine. Ils dénoncent également une "étatisation de la santé" et la mise en péril, selon eux, de l'exercice libéral.

La médecine générale en mal d'effectif

Parmi les médecins libéraux en grève, les médecins généralistes souffrent du climat de morosité qui entoure la profession. Selon le Conseil National de l'Ordre des Médecins (CNOM), les effectifs ne cessent de chuter depuis 2007. De 64.778 médecins généralistes en 2007 à 58.104 au 1er janvier 2015, soit une baisse 10,3%, et une baisse de 6,8% est à prévoir pour les années 2015-2020.

La Bretagne semble limiter l'hémorragie, puisque son nombre de généralistes n'a chuté que de 6,3% de 2007 à 2015. On compte actuellement 2918 médecins généralistes dont 1127 femmes et 1791 hommes.

La médecine générale : un choix par défaut des étudiants ?

Cette tendance est plus que problématique car le généraliste doit être la porte d'entrée du système de soins, selon Marisol Touraine. Celui qui oriente les patients vers les autres professionnels de santé.

Or les facultés de médecines forment de plus en plus de spécialistes, au détriment des généralistes. Reconnue comme spécialité depuis 10 ans, "la médecine générale reste trop souvent un choix par défaut des étudiants en médecine" selon le docteur Patrick Bouet, le président du Cnom. 

Il reste à combattre l'image dévalorisée de la médecine générale non seulement au sein de l'Université, mais également dans la profession. De plus en plus de médecins généralistes, souvent isolés, se disent insatisfaits de leur métier et de l'évolution de la relation médecin patient menacée par les réformes. 

Reportage à l'Université de Bretagne Ouest, qui conserve la cote auprès des futurs généralistes pour la qualité de sa formation

Le choix de devenir médecin généraliste
Lieu : Lanmeur (29) / Julien Bariou, interne en médecine générale - Jean-Yves Le Reste, médecin généraliste, Professeur à l'UBO / Reportage : J. Le Bot - C. Polet

 

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