Grève des enseignants. "On ferme une formation pour une profession qui recrute, c'est incompréhensible ! "

Ce 1er février, jour de mobilisation nationale, les enseignants bretons se sont mobilisés. Entre 30 et 50% des professeurs sont en grève suivant les établissements. A Pont-l’Abbé, dans le Finistère, le personnel du Lycée Laennec s’est rassemblé tôt ce matin pour dénoncer la fermeture de trois classes. A Lorient, une manifestation réunit 400 personnes.

Le jour n’est pas encore levé, mais les professeurs du Lycée Laennec de Pont l’Abbé sont bien réveillés. Depuis une semaine, ils ne décolèrent pas. Ils ont appris la fermeture de trois classes de la formation Accompagnement soins et services à la personne, dès la rentrée prochaine. 

Sur le rond-point, ils arrêtent toutes les voitures."Nous sommes là pour défendre les classes du lycée professionnel, explique Marielle Labat, professeur de français et d’histoire-géographie, aux automobilistes. Nous formons les personnes qui vont travailler dans les Ehpad, les hôpitaux, les crèches. Ce sont nos élèves qui aideront les anciens et s’occuperont des petits. On a besoin d’eux."

Elle se dit abasourdie par la décision." On parle de fermer un cycle de formation pour une profession qui recrute ! C 'est incompréhensible ! "

C’est un tiers de l’effectif du lycée qui est menacé." C’est une formation particulière, où il nous faut être en petit groupe pour que nos élèves soient bien formés, insiste Bertrand Paubert. Si on nous supprime ces trois classes, ils vont se retrouver à 37 ou 38. C’est du mépris."

400 manifestants à Lorient

Depuis plusieurs semaines, et après les polémiques nées après les déclarations de la nouvelle ministre de l’éducation, Amélie Oudéa-Castera, la colère monte dans les écoles. 

A Lorient, 400 personnes, professeurs d’écoles maternelles, primaires, de collèges ou de lycée se sont rassemblés. Ils dénoncent les suppressions de postes. "A Paris, on nous promet qu’il n’y en aura pas, s’agace Fabrice Rabat, secrétaire départemental du SNES 56, mais en fait, en Bretagne, on va perdre 80 postes, dont 9 dans le Morbihan. "

Les enseignants exigent aussi de meilleures conditions de travail et une revalorisation des salaires. "En 1989, un professeur qui débutait gagnait 1,8 SMIC. Aujourd’hui, il touche 1,2 salaire minimum et en fin de carrière, quand en 1989, un enseignant percevait 3,4 SMIC, il n’a plus que 2,4, détaille Fabrice Rabat. C’est une sacrée perte de salaire ! 

Entre 30 et 50% des enseignants bretons seraient en grève ce 1er février. 

( avec Claire Louet et Romuald Bonnant )

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