Morlaix : la compagnie aérienne HOP! confirme la suppression de 276 emplois

La direction de la filiale régionale d'Air France confirme la fermeture totale du site de Morlaix. Les syndicats dénoncent un plan social "scandaleux". Le maire de Morlaix et le président de la région Bretagne réagissent. Le Comité social économique se prolonge ce jeudi après midi.
"Un enterrement à 7 milliards"  selon cette banderole de la CGT
"Un enterrement à 7 milliards" selon cette banderole de la CGT © Maxime Jaglin/ France 3 Nantes
Lors du CSE extraordinaire entammé mercredi matin au siège social de Nantes, et qui se poursuit ce jeudi, la direction de HOP!, filiale régionale d'Air France, a présenté aux syndicats son plan social et annoncé la suppression de 42% des effectifs sur l’ensemble de ses sites en France, soit 1.007 postes.
 

Un gâchis

"C'est un très grand gâchis, a déclaré Frédéric Habasque délégué CGT et technicien sur le site de Morlaix. C'est un site historique qui a toujours été très performant. C'était un outil absolument énorme : tous les bureaux étaient présents, ça aurait pu être un outil industriel absolument fantastique. Air France l’a fait stagner et les 3 compagnies ont été carrément démantelées pour en faire une unité complètement insignifiante, et c'est tout simplement un scandale."

La compagnie aérienne HOP! était née en 2013 de la fusion des trois compagnies Brit Air, Régional et Airlinair pour offrir des vols courts et moyens courriers.

Frédéric Habasque accuse les directions successives de ne pas s’être investies, d'avoir reporté leurs responsabilités sur leurs prédécesseurs, sans tirer parti des potentiels des précédentes compagnies et d’en arriver finalement à sombrer avec 32 avions et 1200 salariés. « On ne peut pas arriver à ça, c’est absolument scandaleux »
 

Quels reclassements pour les salariés?

Concernant l'avenir ses 276 salariés du site de Morlaix, le représentant syndical craint que ses collègues n’aient aucune chance de retrouver du travail dans l'aéronautique en Bretagne. Aujourd’hui la discussion tourne autour de propositions de reclassement en interne, mais pour le délégué CGT, "la compagnie HOP ! n’a pas de business plan, mais seulement un plan de restructuration synonyme de régression. S’il y avait reclassement ce serait donc plutôt à Air France en région parisienne ». Solution qui condamnerait à l’exil les salariés bretons.

Frédéric Habasque n'attend pas grand-chose des négociations en cours sauf d'avoir les meilleures conditions de départ, d’obtenir le maximum d’indemnités pour les salariés et d'avoir les meilleurs reclassements possibles pour ceux qui veulent se reclasser.  "Mais pour des personnes qui ont plus de 25 ans d'ancienneté et qui accepteraient de partir, il est hors de question qu'ils partent avec les conditions proposées actuellement. S'il faut faire des mouvements et cramer des pneus et des palettes, on le fera !"
 

Une disparition annoncée

En plus du site de Morlaix (209 postes exprimés en équivalent temps plein, ETP),  seront aussi fermés : le site d'Orly (350 postes ETP) et celui de Lille (88 postes ETP). Selon l'AFP, hormis Roissy-Charles-de-Gaulle et Lyon, toutes les bases de personnel navigant sont par ailleurs promises à la fermeture.
           
À moyen terme, les pilotes eux non plus ne croient pas beaucoup à la survie de HOP! 
"La direction déroule un plan très clair, et malgré son intention de ne pas avoir de départs contraints, c'est la dégringolade et il y a peu de chances que la compagnie survive d'ici 5 ans avec seulement 29 avions contre 51 aujourd'hui", a réagi Jean-Philippe Rocaut, membre du SNPL (pilotes).

"Avec 42% des postes supprimés contre 12% pour Air France, Hop! est clairement une variable d'ajustement", a-t-il ajouté, critiquant "la reprise des lignes HOP! mais pas du personnel par Transavia", la filiale à bas coûts d'Air France.
 

Réactions à Morlaix et à la Région Bretagne

À Morlaix, à la colère des salariés s’ajoute celle des élus politiques. Le nouveau maire de cette ville de 15 000 habitants. Jean-Paul Vermot veut encore croire à une solution politique.  Pour préserver l’emploi local il en appelle au gouvernement: "Pourquoi renforcer l’emploi dans la métropole nantaise ? C’est déjà une des métropoles les plus attractives de France. Ici le gouvernement nous a inclus dans le programme action cœur de ville, pour redynamiser la ville de Morlaix. On ne peut pas d’un coté avoir un programme gouvernemental qui dit on fera tout pour redynamiser la ville, et de l’autre côté un gouvernement qui pourrait tolérer la fermeture d’un site qui représente 276 emplois. Un millier d’emplois seraient concernés indirectement : 1000 emplois à Morlaix !"

"Nous n'acceptons pas que Morlaix paye l'addition du sauvetage d'Air France", a réagi de son côté Loïg Chesnais-Girard, président PS de la région Bretagne.

Le CSE qui devait se terminer à 13 heures, se poursuit ce jeudi après-midi.
 
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