Morlaix. Les Chiffonniers de la joie épinglés par la Chambre régionale des comptes. "Une structure dysfonctionnelle" dans sa gestion humaine et financière

Un rapport de la Chambre régionale des comptes, publié ce mercredi, pointe des dysfonctionnements dans la gestion humaine et financière des Chiffonniers de la joie sur ces cinq dernières années. Les trois nouveaux co-présidents de l'association de Morlaix annoncent qu'ils ont déjà commencé à remettre de l'ordre au sein de cette structure d'économie solidaire.

Les Chiffonniers de la joie sont dans le viseur de la Chambre régionale des comptes qui a épluché les documents financiers et administratifs de l'association sur ces cinq dernières années. Le rapport, publié ce mercredi, est accablant pour la structure créée en 1984 à Morlaix, dans le Finistère. 

"Dérives préoccupantes"

Cette association, à vocation sociale et solidaire, exploite une ressourcerie qui accueille des compagnons. Ils sont hébergés, nourris et travaillent auprès des sept salariés et de la quarantaine de bénévoles. Les Chiffonniers de la joie collectent, réparent et recyclent meubles, appareils électro-ménagers, vaisselle, vêtements, livres, etc.

L'association manque à ses obligations en matière d’hébergement et de réinsertion

Rapport de la Chambre régionale des comptes

La Chambre régionale des comptes parle d'une "structure dysfonctionnelle" dont la gestion serait entre les seules mains d'une directrice, "qui exerce de fait de larges pouvoirs".
Il existe pourtant un conseil d'administration "au sein duquel les dirigeants ont tous le statut de co-président" note le rapport qui pointe aussi "des dérives préoccupantes par rapport à un organisme intervenant dans le champ de l'économie sociale et solidaire". Ainsi, "l’association manque à ses obligations en matière d’hébergement et de réinsertion. L’intervention de ses compagnons s’assimile à un véritable travail salarié, sans aucun fondement ni encadrement juridique en l’absence d’agrément".  

Sanctions

L'entrée et la sortie des marchandises sont elles aussi pointées du doigt, "les activités se déroulent selon des processus en grande partie informels, empêchant toute traçabilité" est-il écrit dans le rapport de la Chambre régionale qui évoque "une absence de tenue des stocks, des prix non fixés, des modalités d'encaissement des recettes insuffisamment sécurisées, des modalités de paiement peu encadrées"

Il est également noté que la directrice et la co-directrice de la ressourcerie auraient développé, en parallèle, "une activité d'export de marchandises, sans lien avec l'objet de l'association", depuis 2020. Selon nos confrères du Télégramme, leur entreprise Scod Export "aurait recours aux compagnons suivis par l'association".

Sur ce point, les co-présidents des Chiffonniers de la joie précisent, ce mercredi, dans un communiqué, avoir "exigé qu’il soit mis fin à cette activité, car elle était contraire à la clause d’exclusivité stipulée dans les contrats de travail"  et "avoir pris, en conséquence, des sanctions disciplinaires à l’encontre de la directrice et de son adjointe"

"Recadrer la conduite de notre projet"

Les dirigeants de la structure d'économie solidaire de Morlaix disent également "oeuvrer pour remettre en bon ordre le fonctionnement de l'association" depuis leur arrivée au Conseil d'administration en 2019, "en veillant scrupuleusement au respect des procédures administratives et comptables notamment". 

Ils annoncent la tenue d'une assemblée générale extraordinaire le 31 mars pour "réviser les statuts de l'association devant permettre de recadrer la conduite de notre projet et sa gouvernance".

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