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Le groupe agro-alimentaire Bigard dépose une partie de ses comptes sous la pression

Un steack haché Charal, marque du groupe agro-alimentaire breton Bigard - / © OLIVIER ARANDEL / PHOTOPQR / LE PARISIEN
Un steack haché Charal, marque du groupe agro-alimentaire breton Bigard - / © OLIVIER ARANDEL / PHOTOPQR / LE PARISIEN

Le groupe agro-alimentaire Bigard (Bigard, Socopa, Charal) doit paraître devant le tribunal de commerce de Quimper, Angers et Créteil pour non-publications de leurs comptes. L'audience a lieu ce jeudi à Quimper, mais le groupe a déjà, sous la pression, déposé une partie de ses comptes.

Par Stéphane Grammont

Le groupe Bigard, numéro un français de la viande, a fini par rendre publics une partie de ses comptes, après des pressions tant du monde politique que des associations. Il doit s'expliquer ce jeudi sur la publication de ses comptes au tribunal de Quimper, après l'action de plusieures associations comme L214 et lanceurs d'Alerte.

Le Groupe Bigard a ainsi dévoilé un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros (+2,9%) en 2017, Socopa (fournisseur de produits carnés) de 1,8 milliard d'euros (stable), tandis que Charal (spécialiste du boeuf) affichait des ventes de 866 millions d'euros (stable), selon les documents publiés sur infogreffe et consultés par l'AFP.

Cela représente un total de 4,17 milliards d'euros de ventes.
    
En revanche, la Société Financière Bigard, basée à Rungis, n'avait pas encore déposé ses comptes au Tribunal de commerce de Créteil dont elle dépend mercredi après-midi.
    
En termes de résultats, le bénéfice net ressort à 51,9 millions d'euros (+24% par rapport à 2016) pour Bigard, 25,5 millions (+17%) pour Socopa et 20,1 millions pour Charal (stable sur un an).


Une procédure judiciaire citoyenne


C'est déjà par ce biais que le lanceur d'alerte Maxime Renahi avait "coincé" le groupe Lactalis en avril 2019, grâce à une procédure judiciaire citoyenne.
 


Avec l'association L 214, mais aussi la journaliste Inès Léraud, l'auteur de la BD Algues vertes, l’histoire interdite, et Pierre Hinard (Omerta sur la viande), l'assocation lanceur d'alerte récidive, avec le géant français de la viande.

Le groupe Bigard, c'est 70 % des steaks hachés vendus en France. Mais, dénonce l'association L 214 dans un communiqué, "il est extrêmement difficile d’obtenir des images des conditions de mise à mort des animaux dans les abattoirs, nous n’y sommes parvenus qu’une seule fois chez Charal. Pour Bigard-Socopa-Charal, cette opacité revendiquée s’étend également aux comptes."

Opacité financière

Des comptes qui ne sont pas publiés "depuis 5 ans" détaille l'association lanceur d'Alerte dans son communiqué: "Malgré une mobilisation des parlementaires en 2017 et un renforcement des sanctions encourues en 2018, la société Bigard, propriétaire des marques Socopa et Charal, refuse obstinément depuis maintenant cinq ans de se soumettre à l’obligation légale de publier ses comptes. "

Une première audience se tiendra ce jeudi 5 septembre au tribunal de commerce de Quimper, puis le 10 septembre au tribunal de commerce d'Angers (pour la société Charal), et enfin le 25 septembre à Créteil pour la société financière Bigard.
 

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