Phoques décapités à Concarneau : 5 000 euros d'amende requis contre les deux marins pêcheurs

Un patron de pêche de Concarneau (Finistère) et un de ses matelots étaient poursuivis ce lundi après la découverte en février et mars 2019 de deux phoques décapités. Le procureur a requis 5 000 euros d’amende contre chacun. Le tribunal judiciaire de Quimper rendra son délibéré le 26 novembre.

L'ONG Sea Shepherd France représentée par Maître Jean Tamalet et sa présidente Lamya Essemlali (à sa gauche) s'est portée partie civile dans ce procès
L'ONG Sea Shepherd France représentée par Maître Jean Tamalet et sa présidente Lamya Essemlali (à sa gauche) s'est portée partie civile dans ce procès © FTV - C. Louet

Dans ce procès qui s'est tenu ce lundi 12 octobre 2020 devant le tribunal correctionnel de Quimper, un matelot de 37 ans et son patron-pêcheur de 48 ans comparaissait pour avoir décapité deux phoques gris et naturalisé l’une des têtes. Le matelot était poursuivi pour destruction, détention, transport et naturalisation d'une espèce protégée. Son patron, était lui poursuivi pour non déclaration de pêches accidentelles et complicité de destruction et de transport d'espèces protégées.

Le parquet a requis à leur encontre des amendes de 5 000 euros chacun, considérant notamment qu'ils ne pouvaient pas être poursuivis pour les faits de destruction d'espèce protégée car il n'y avait aucune preuve que les phoques étaient vivants au moment où ils avaient été remontés à bord du bateau.

Une dizaine d'associations de protection des animaux, comme Sea Shepherd France, Agir pour la biodiversité, 30 Millions d'amis, la SPA (Société protectrice des animaux), ou encore Bretagne Vivante, étaient parties civiles dans ce procès.
 

Deux cadavres de phoques sans tête, retrouvés du côté de Concarneau


En février 2019, une tête de phoque gris était retrouvée accrochée sur la digue de Concarneau. Quelques jours plus tard, le corps d'un phoque sans tête était découvert quelques kilomètres plus loin. Huit jours plus tard, c'est un deuxième cadavre de phoque gris décapité qui était trouvé sur une plage de Trégunc.
La gendarmerie avait lancé à l'époque un appel à témoins. L'association non gouvernementale, Sea Sheperd France avait déposé plainte et également proposé une forte récompense à toute personne permettant d'identifier le ou les coupables. Quelques semaines plus tard, un marin pêcheur et son patron pêcheur étaient mis en cause. 

 

L'envie de naturaliser


Lors du procès, le matelot a reconnu avoir décapité les deux phoques et avoir conservé les têtes pour les naturaliser. Il a assuré à la barre que les phoques étaient déjà morts avant d'être remontés à bord et de ne pas savoir, à l'époque, que les phoques étaient des espèces protégées. Selon lui, la prise de phoques morts n'était pas rarissime, le navire utilisant des filets à grosses mailles qui restaient immergés jusqu'à 48 heures.
Le matelot s'explique sur son geste de décapitation d'un phoque mort

Son patron a assuré, contrairement aux dires du matelot, ne pas avoir su que ce dernier avait décapité les deux mammifères à bord de son navire. De même, il a affirmé ne pas avoir été au courant du fait qu'il fallait déclarer les pêches accidentelles.
 
L'avocat du patron pêcheur, accusé d'avoir transporté des phoques morts sans les déclarer

Pour Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, ce procès permet de mettre en lumière "l'opacité du monde de la pêche", qui malgré une législation existante, ne cherche pas à déclarer les mammifères marins morts dans les filets, des milliers de prises annuelles pour un nombre de déclarations ridicule.
Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, explique l'intérêt de ce procès

Le jugement a été mis en délibéré au 26 novembre prochain.
 
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