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Qui est le Breton Thierry Bolloré, à la tête de Renault ?

© Eric PIERMONT / AFP
© Eric PIERMONT / AFP

Thierry Bolloré, breton discret, a pris officiellement jeudi la direction générale de Renault après la mise à l'écart de Carlos Ghosn, détenu au Japon. Ce fin connaisseur de l'Asie, avait été choisi comme dauphin par l'ex-PDG il y a moins d'un an.

Par KV avec AFP


Peu connu du grand public, le Quimpérois Thierry Bolloré, âgé de 55 ans, et lointain cousin de Vincent, était devenu "directeur général adjoint du groupe" au mois de février 2018, ce qui avait été vu comme un adoubement au moment où l'État français, actionnaire influent de Renault, souhaitait voir Carlos Ghosn, 64 ans, préparer sa succession.
  
 

Piloter le groupe au quotidien


A son nouveau poste, le Breton devra piloter le constructeur au jour le jour, tandis que Jean-Dominique Senard, patron sortant de Michelin, nommé jeudi président du conseil d'administration du groupe au Losange, gèrera la stratégie et les relations avec les partenaires au sein de l'alliance avec Nissan et Mitsubishi. Thierry  Bolloré avait été propulsé le 20 novembre à la direction par intérim du constructeur français, deux jours après l'interpellation retentissante du PDG qui a depuis été inculpé pour abus de confiance et dissimulation de revenus au titre de ses anciennes fonctions de dirigeant de Nissan.
 

Une carrière dans l'automobile exclusivement    


Thierry Bolloré, arrivé dans le groupe en 2012 et nommé l'année suivante directeur délégué à la compétitivité, a, comme Carlos Ghosn, commencé chez le fabricant de  pneumatiques Michelin et connu une carrière très internationale, exclusivement dans l'automobile, avec une longue expérience en Asie. "Très rigoureux, très sérieux, mais en même temps chaleureux, il a des qualités de calme, d'analyse et il est pondéré", dit de lui un responsable du secteur automobile qui l'a côtoyé pendant plusieurs années au sein de l'équipementier Faurecia (groupe PSA).
 

Les relations avec la Chine et le Japon, primordiales pour Renault


"Je pense que sa connaissance de l'Asie et ses aptitudes dans les relations avec les Japonais lui donnent un avantage dans la succession", ajoute cet ancien collègue qui assure avoir apprécié "sa droiture et sa loyauté". Le développement commercial en Chine est une priorité de l'entreprise et la relation avec les partenaires japonais est cruciale, surtout alors qu'une crise de gouvernance pourrait menacer l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi après l'éviction de Carlos Ghosn par Nissan. Renault possède 43,4% de Nissan, qui détient lui-même 15% de Renault et 34% de Mitsubishi, dont il est premier actionnaire. L'alliance aux dix marques partage une large base industrielle commune et revendique  depuis l'an dernier le rang de numéro un mondial de l'automobile, avec 10,6 millions de véhicules vendus.
 

"Quelqu'un d'ouvert, de posé, à l'écoute"   


Marié, père de cinq enfants, cet homme grand, au physique solide, connaît bien l'outil industriel du groupe Renault dont il a géré l'amélioration de la compétitivité des usines et la transformation numérique. "C'est quelqu'un d'ouvert, de posé, à l'écoute, et en même temps il sait prendre des positions" et il "accepte la critique", expliquait début 2018 Franck Daoût, délégué central CFDT, troisième syndicat de Renault.
    

Passage chez l'équipementier automobile Faurecia


Au sein de Faurecia, il avait été à partir de 2005 vice-président pour l'Asie de la branche pots d'échappement, fonction basée en Chine, dans laquelle il avait unifié des activités jusque-là éclatées. Puis, il a été vice-président monde en charge du marketing, de la recherche et développement, de la stratégie et du développement. Il s'est plus tard occupé de l'industrie, de la qualité et des achats, peaufinant un profil de généraliste.
 

Des débuts chez Michelin et en Asie


Originaire de Quimper, ce passionné de voile, cousin éloigné de Vincent Bolloré, autre industriel originaire de la région, a commencé sa carrière en 1990 à Poitiers comme  chef d'atelier dans une usine de pneus pour poids lourds du groupe Michelin. Repéré comme ayant un fort potentiel, le titulaire d'un MBA de l'université Paris Dauphine a gravi rapidement les échelons. Après trois ans, il devient responsable des procédés et de la qualité pour l'ensemble des usines poids lourds du monde, un poste qui le fait voyager régulièrement, notamment en Amérique du Sud et Amérique du Nord.  

En 1997, il part au Japon comme assistant industriel à l'usine de pneus de tourisme d'Ohta, puis il est nommé en Thaïlande en 1998 où il dirige et développe les activités "poids lourds et avion". "Ce passé chez Michelin a dû aussi taper dans l'oeil de Carlos Ghosn", qui a été très marqué par les 18 premières années de sa carrière au sein du manufacturier de Clermont-Ferrand, estime un expert du secteur.


 

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