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“C'est notre futur et notre vie qui sont en jeu” Malo, 20 ans, membre d'Extinction Rebellion

Sybille et Malo, 19 et 20 ans, militent au sein d'Extinction Rebellion à Rennes contre l’extermination de la biodiversité et pour un changement radical de système. / © Maylen Villaverde / France Télévisions
Sybille et Malo, 19 et 20 ans, militent au sein d'Extinction Rebellion à Rennes contre l’extermination de la biodiversité et pour un changement radical de système. / © Maylen Villaverde / France Télévisions

Le mouvement Extinction Rebellion, qui lutte contre le déréglement climatique et la disparition du vivant, prend de l'ampleur en Bretagne. Le 9 septembre prochain, ses membres prévoient de bloquer l'un des principaux axes routiers de la ville de Rennes. Rencontre avec deux jeunes militants.

Par Bleuenn Le Borgne


"J’ai vu la déclaration de rébellion du 31 octobre des Londoniens, puis leur blocage de la ville, avec une efficacité désarmante, 10 jours après", raconte Sybille, 19 ans. Préoccupée par l’avenir de la planète depuis quelques années, la jeune femme a vécu cette action d’Extinction Rebellion – voir la vidéo ci-dessous – comme un déclic. "J’avais cet instinct que les choses n’allaient pas bien. On est dans un système qui consomme des ressources qui sont finies et qui parle de croissance infinie".

En décembre, Sybille a donc rejoint la branche rennaise de ce mouvement né au Royaume Uni et qui se développe un peu partout en Europe. Le groupe prône des actions radicales de désobéissance civile, non violentes pour alerter sur le dérèglement climatique et la disparition du vivant. Sybille est séduite par "l’ambiance colorée des actions, les blocages festifs avec de la musique, de la danse, et du chant".
 

J’avais besoin d’action, de plus de radicalité

Malo, 20 ans, a lui rejoint Extinction Rebellion à Rennes en janvier 2019. "Je considérais que les marches pour le climat n’avaient aucun impact. J’avais besoin d’actions plus directes". Pour le jeune homme, les rapports des scientifiques sur l’état de la planète sont sans appel et il y a urgence : "C’est maintenant ou jamais, on n’a plus le choix d’agir ".

Comme Malo et Sybille, de nombreux jeunes ont intégré Extinction Rebellion ces derniers mois. Selon le militant, c’est probablement parce que cette génération est directement concernée par le dérèglement climatique. "On parle d’échéances à 2050, c’est nous qui les vivrons. Pas nos enfants, ni nos petits-enfants. C’est nous. C’est notre futur, c’est notre avenir, notre vie qui sont en jeu", explique-t-il.


Une lutte globale

"On pense le maintenant et on pense surtout l’après", poursuit Sybille. "Comment replacer le vivant au cœur de nos préoccupations, comment repenser des choses très simples comme l’agriculture, la gestion de l’eau et notre rapport aux autres êtres humains sur terre et qui peuvent être exploités par nos modes de consommation". 

Les deux jeunes militants rennais se sont facilement approprié ce mouvement nouveau qui, selon eux, ne prend pas seulement en compte le réchauffement climatique mais "l’extinction du vivant dans sa globalité""On est aussi sur des revendications sociales", relate le jeune homme. "Il ne peut y avoir de lutte contre l’extinction de la biodiversité sans lutte sociale et sans répartition des richesses. Car moins il y a de ressources, plus il faut les partager"


Des actions en Bretagne

La plupart des actions d’Extinction Rebellion en France ont eu lieu à Paris pour l’instant. Celle du 28 juin sur le Pont de Sully, réprimée violemment par la police, avait été largement médiatisée. Cependant, le mouvement se veut décentralisé et les actions locales prennent de plus en plus d’ampleur partout en France. En Ille-Et-Vilaine, les militants d’XR, se mobilisent depuis quelques mois contre un projet de construction d’un grand centre commercial à Pacé, à côté de Rennes. Un projet "qui sacrifie la ceinture maraichère de Rennes", nous dit Sybille. Vous pouvez voir d'autres actions menées en Bretagne par Extinction Rebellion dans le reportage ci-dessous.
 

D’autres actions sont prévues dans la région, dans les mois à venir, dont une très importante à Rennes le 9 septembre. "Nous allons organiser un blocage dans Rennes d’un axe routier majeur pour se réapproprier l’espace urbain", détaille Malo. 
Ce blocage sera aussi l’occasion pour les militants de s’entrainer pour la RIO "Rébellion Internationale d’Octobre", qui sera organisée dans de nombreuses capitales d’Europe et du monde cet automne.
 

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