Agriculture : modifier les pratiques agricoles pour réduire l'empreinte carbone

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Écrit par Séverine Breton et Nora K

Dans son plan de relance de l’économie, en septembre 2020, le Premier ministre, Jean Castex, a insisté sur la nécessité de « décarboner » la France. Les producteurs de lait n’ont pas attendu ce discours, certains ont même déjà commencé à réduire leur empreinte carbone.

Au printemps 2020, Henri Jean Dolaine, éleveur à Romagné, près de Fougères, a fait faire son « bilan carbone » : toutes les données techniques de sa ferme ont été analysées, le nombre de vaches, leur production de lait, leur alimentation, mais aussi les terres, ce qui est cultivé, les engrais, les traitements, les heures de tracteur, etc.



Dans les années 1990, pour produire un litre de lait, les éleveurs "dépensaient" 1,3 kilo d’équivalent CO2. Henri-Jean est descendu à 780g, presque la moitié.

 

Premiers accusés, les rots des vaches !

Les vaches, comme nous, produisent naturellement, du CO2 quand elles respirent, et lorsqu’elles ruminent, elles rejettent du méthane dans l’atmosphère.



On parle de fermentation entérique : une vache laitière émet 120 kilos de méthane (CH4) par an, l’équivalent de 3 tonnes de CO2, car le méthane a un pouvoir réchauffant 15 fois supérieur au dioxyde de carbone.



La gourmandise des vaches et des tracteurs serait-ils alors responsables du CO2 ?



Pour faire du lait, les vaches ont besoin de manger ! Les agriculteurs prennent donc souvent leurs tracteurs : d’abord, pour semer du maïs qui remplira la panse de leurs ruminants, puis pour traiter ce maïs, le débarrasser des maladies ou des parasites, et bien évidemment pour le récolter !

Parfois même, les éleveurs redémarrent encore leur tracteur pour distribuer les fourrages. Chaque fois qu’ils tournent la clé de contact, le bilan carbone du lait s’alourdit !
 

L’herbe comme solution simple



Pour réduire son empreinte, Henri-Jean Dolaine a décidé de tout changer, de revenir à un système moins gourmand en CO2 : il a d’abord augmenté le nombre de ses prairies. L’herbe, le ray gras, les trèfles, poussent tout seuls et peuvent rester en place pendant des années !

Les vaches vont elles même chercher leur nourriture. C’est alors moins de tracteur, moins de travail, c’est toujours ça de fait !

        

Et comme les plantes ont besoin du carbone pour pousser, un hectare de prairies peut stocker l’équivalent de 500 kilos de CO2 par an. Mais en France, entre 1980 et 2010, les surfaces de prairies ont reculé de 25%.



Henri Jean Dolaine a aussi cessé d’acheter des engrais (1 kilo d’ammonitrate c’est l’équivalent de 6,2 kilos de C02), il traite le moins possible et a bien l’intention de replanter des kilomètres de haies sur son exploitation : cela améliorera son bilan carbone (un kilomètre de haies stocke 500 kilos de CO2 par an) et contribuera au bonheur de ses vaches, puisque les arbres leur feront de l’ombre en été, un parapluie en hiver !



 

L’agriculture victime, elle aussi, du réchauffement !



Aujourd’hui, les éleveurs savent qu’il leur faut agir. Ils font partie des premières victimes du réchauffement climatique. Ces dernières années, même en Bretagne, ils ont connu de gros coups de chaud, des périodes de sécheresse, d’autres d’inondations.



Le CO2 est responsable à lui seul des deux tiers de l’effet de serre. La quantité de carbone dans notre atmosphère augmente chaque année de 4,3 milliards de tonnes et les scientifiques estiment que sa durée de vie est de 100 ans.



L’objectif pour les éleveurs est de réduire l’empreinte carbone du lait de 20% d’ici 2025.



Sinon, il reste la solution proposée par des scientifiques suisses… planter davantage d’arbres pour compenser notre consommation de carbone. Sachant qu’il faut 360 arbres pour « neutraliser » les besoins d’un seul humain, il faudrait 1 200 milliards d’arbres pour compenser ceux de la population mondiale !

 
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