La classe de mer de Cancale va pouvoir continuer à exister

Le centre de classes de mer Virginie Hériot à Cancale, menacé de fermeture suite à l'annonce de la réaffectation des deux postes d'enseignants, va finalement continuer à proposer aux enfants des séjours scolaires. Retour sur ce feuilleton administratif et scolaire.

La vingtaine de membres du collectif Hériot peuvent pousser un ouf de soulagement. La classe de mer de Port-Mer ne sera pas supprimée.

Si Jean-Pierre Marhic, porte-parole du collectif, se dit "soulagé", il attend maintenant "une confirmation officielle de l'Éducation nationale". Car c'est uniquement par la région Île-de-France qu'il a été informé de son maintien.

Pour rappel, propriété de l'Éducation Nationale, géré par la région Ile-de-France, le centre breton a accueilli depuis les années 1960 des générations d’enfants. 

Les deux enseignantes devaient être réintégrées en Ile-de-France

Tout commence en février dernier quand l'académie de Versailles annonce récupérer les deux postes d'enseignants chargés de la gestion quotidienne du lieu. Car le centre Virginie Hériot est le seul centre de classe de mer de l’Éducation Nationale (les autres fonctionnant sous forme associative), et les deux enseignants sont rattachés à l’académie de Versailles. Cette réaffectation de postes menace directement la survie du centre. 

Un collectif de soutien est monté et une pétition à destination du ministre de l'Éducation Nationale, lancée. L'ancien directeur du centre, Jean-Pierre Marhic, déclarait alors au micro de la journaliste de France 3 : "se priver de cet outil, c'est se priver de l’aide qu’on peut apporter à certains élèves, notamment ceux qui sont en difficulté, en échec scolaire ou à ceux qui présentent des handicaps."

Un mois plus tard une manifestation contre cette fermeture qui ne dit pas son nom, rassemble trois cents personnes.

Les deux enseignantes resteront à Cancale

Selon le collectif, il y aurait eu des négociations entre la région Île-de-France et le rectorat de Rennes. Car les deux enseignantes du centre ont d'ores et déjà été réaffectées sur l'Académie de Rennes. La visite du directeur académique de l'Éducation nationale (Dasen) d'Ille-et-Vilaine, il y a quelques semaines, à la demande du maire de Cancale, rappelle Jean-Pierre Marhic n'a sans doute pas été étrangère à la décision. Le directeur ayant déclaré, à l'issue de la visite, que "la structure avait toute sa place au sein de l'Éducation nationale". "Une déclaration et une démarche très positives" se réjouit le porte-parole du collectif, alors que du côté des Yvelines, "personne ne s'était jamais préoccupé de ce qu'on y faisait !"

La région Ile-de-France demande des éclaircissements à l'Éducation Nationale

La région Ile-de-France assure la maintenance et dote la structure d’équipements indispensables à son fonctionnement : mobilier, audiovisuel, informatique, véhicules, bateaux et paie les agents d'entretien affectés dans l’établissement pour assurer la maintenance, le service de restauration et l’entretien général.

"Bien que le site ne lui appartienne pas et ne soit pas situé en Ile-de-France, la Région a investi 1,7 million d’euros en travaux de maintenance depuis 2006 et dépensé chaque année 250 000 € en masse salariale et dépenses de fonctionnement" précise un courrier de Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile-de-France au recteur de l'académie de Rennes.

Elle demande donc des éclaircissements au représentant de l'Éducation nationale dans la région et rappelle dans son courrier que "la région est disposée à poursuivre l’engagement qui a toujours été le sien sur ce site, sous réserve que l’État poursuive les siens et que soit renforcée la part des jeunes accueillis issus du territoire francilien."

Dans l'attente de certitudes

Le collectif reste d'ailleurs sur ses gardes. Car le maintien du centre, selon l'administration, ne semble être prévu que pour une année. Il faut dire que le statut du centre, partagé entre la région Île-de-France et le rectorat de Rennes, demeure très ambigu et incertain. Même si de séjours y sont déjà prévus à la rentrée 2023, le collectif attend maintenant une véritable assurance de sa pérennité.  

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