Législatives 2024. Dans la 5e circonscription d'Ille-et-Vilaine, pour faire barrage au Rassemblement national, le Front populaire se désiste pour un duel de femmes

En Ille-et-Vilaine, pour le second tour des législatives 2024, douze candidats se sont désistés pour faire barrage au Rassemblement National. C'est le cas dans la 5eme circonscription. Le candidat LFI Gille Renault laisse le champ libre à la député sortante de la majorité présidentielle Christine Le Nabour. Réactions du côté des électeurs avant de retourner aux urnes dimanche 7 juillet.

Après-midi tranquille dans le centre-ville de Châteaubourg. À la sortie de la Maison de la Presse, un habitant vient d'acheter ses journaux. En ce moment, on suit les nouvelles et bien sûr celles concernant les élections législatives. À vingt minutes de Vitré, la grande ville la plus proche, nous sommes dans la 5ᵉ circonscription d'Ille-et-Vilaine, dans la grande couronne rennaise, au sud-est du département.

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Dimanche 7 juillet, il n'y aura pas de triangulaire. Gilles Renault, candidat du Nouveau Front populaire a annoncé son désistement pour faire barrage à Francoise Gilois qui porte les couleurs du Rassemblement national. Celle-ci affrontera donc la députée sortante majorité présidentielle Christine Le Nabour.

L'enjeu des classes moyennes

Au soir du premier tour, Christine le Nabour s'est retrouvée en ballottage favorable avec 42,42 % des voix contre 29,82% des voix pour Françoise Gilois. Gilles Renault (Union de la Gauche) recueillant 25,85% des suffrages. Ce sera donc un duel entre deux femmes et un choix à faire pour les électeurs. Au premier tour, la participation a été de 72,5%, soit 22 points de plus qu'il y a deux ans.

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Dans le journal de Vitré, les habitants croisés à Châteaubourg, ont pu lire les déclarations de leur maire "Horizons ",Teddy Régner. Au premier tour, il alertait sur les récents scores des européennes. "Il y a un ressenti de déclassement. Une partie de notre classe moyenne, qui a longtemps été un socle stable, a basculé vers le vote RN. C'est le sentiment d'impunité de la délinquance et celui d'une progression moins rapide des revenus des classes moyennes qui se sont exprimés".

Malgré tout, au premier tour des législatives, la candidate "Ensemble" se retrouve au final avec un score deux fois supérieur à celui du Rassemblement national sur la circonscription. Christine Le Nabour, affiche son bilan et le faible taux de chômage de 3,8%, frôlant le plein-emploi.

Bernard, natif de Châteaubourg, suit de loin les débats et localement votera pour la continuité. Sa candidate sera sa députée. Autant pour faire barrage à l'extrême-droite qui lui fait peur que pour la stabilité et le bilan de cette dernière. Ici, il faut rester dans la continuité des prédécesseurs et privilégier une droite modérée.

Un duel inédit entre femmes, mais peu de suspens

C'est sur une forte mobilisation et sur les reports de voix dans chaque camp que l'on compte pour le duel qui s'approche. Les électeurs de gauche seront-ils les arbitres de ce second tour sur la circonscription ? C'est la logique pour Juliette, habitante de la petite commune de Corps-Nuds, une retraitée socialiste, qui va suivre les consignes de Gilles Renault. "Nulle part, nous ne permettrons au RN de l’emporter. Il n'est pas envisageable que l'extrême-droite s'empare de la majorité absolue. Ni qu'une majorité relative soit forte" a déclaré celui-ci, pour appuyer son retrait.

À Gauche : consensus pour le désistement

Alors Juliette, sans hésiter, va suivre la consigne. "Dans ma commune, Gilles Renault est arrivé avec une petite avance devant la majorité présidentielle. J'étais contente, il appartient à la France Insoumise, mais il fallait qu'on s'unisse. Alors au second tour, sans état d'âme, je suivrai les consignes du PS en faveur d'un report des voix sur la majorité présidentielle".

Juliette rajoute : " Christine Le Nabour est sur le terrain. Elle correspond à l'électorat centriste de Pierre Méhaignerie, ancien ministre Démocrate Chrétien, ancien maire de Vitré, qui fut longtemps son fief incontesté. Mme Le Nabour devrait l'emporter. Il n'y a pas de fondement pour que le RN s'installe définitivement chez nous."

Damien, 48 ans, habitant de Servon-sur-Vilaine, est issu de la gauche radicale et sympathisant LFI. Il est sur la même ligne que Juliette. "Le barrage contre le RN est une évidence. Il faut tout faire pour minimiser les sièges du parti à l'Assemblée Nationale. On l'a fait en 2002 puis deux fois pour Emmanuel Macron" explique-t-il. Mais entre nous, il n'y a pas eu tout de suite l'unanimité sur cette décision. " À l'annonce des résultats, on était un peu abattus. Ce qui est sûr, c'est qu'au niveau local, il faut donner un signe fort. De plus, la candidate RN est une inconnue, on ne l'a pas vu sur le terrain !" La présence du RN, on s'y attendait un peu, mais on pensait être devant", rajoute Damien. "C'est dans les communes rurales et en campagne que l'on a été mis dos à dos."

L'extrême droite dans les campagnes

"On ne m'a pas vu sur le terrain. Je suis peut-être un fantôme lors de la campagne, mais j'ai 69 ans, je suis agricultrice depuis 50 ans et je travaille sur mon exploitation en milieu rural !" a déclaré Françoise Gilois lors d'un débat télévisé face à sa rivale de la majorité présidentielle. La campagne et le milieu rural, c'est là justement que l'extrême droite marque des points. Sur les douze communes où il est en tête, seule celle de Domalain dépasse les 1 000 habitants.

Jean-Pierre, électeur sur la commune de Châteaugiron, a choisi son camp ."J'ai quitté le parti "Debout la France", pour rejoindre le RN il y a trois ans. Durant la campagne, j'étais sur le terrain pour coller des affiches pour notre candidate" dit-il. "Il n'y a pas des gens dans le camp du mal ou dans le camp du bien, c'est restrictif". " On ne devrait pas gagner sur la circonscription mais avec les prochaines municipales, on sera là localement. On compte maintenant dans le paysage politique. La preuve puisque LFI s'est retiré. Dimanche, j'attends un score le plus haut possible. Désormais, il va falloir compter avec nous !" Quant au report des voix et à la participation dans les urnes hors des consignes des partis, Jean-Pierre n'a que des interrogations sur un match inédit ici.

Clément habite lui aussi à Châteaugiron. Un jeune homme encore au lycée mais déjà sûr de ses idées. "Quand j'ai vu les émeutes, les magasins cassés, et les affrontements dans la rue à Rennes et à la télévision, j'ai choisi de me rapprocher du Rassemblement National. Je ne veux pas de ce désordre. Et puis il y a aussi la baisse du pouvoir d'achat et les difficultés du quotidien". Clément est issu de la classe moyenne, un père employé logistique et une mère formatrice au sein de France Travail, tous deux proches de ses idées. Plus tard, il veut être juge d'instruction. Il s'informe régulièrement sur les réseaux sociaux dit-il, mais aussi dans les journaux. " À Châteaugiron, c'est la candidate de la majorité présidentielle qui est arrivée en tête. C'est sûr, les problèmes de sécurité sont à la marge chez moi, mais les commerces disparaissent un peu et on se sent isolé". Alors son engagement, il le porte surtout pour faire progresser son parti au niveau national. En attendant, il a déjà commencé un petit job d'été comme vendeur dans une boulangerie.

La cinquième circonscription d'Ille-et-Vilaine regroupe les cantons d'Argentré-du-Plessis, Châteaubourg, Châteaugiron, la Guerche-de-Bretagne, Janzé, Retiers, Vitré Est et Vitré Ouest.

Les résultats des législatives 2024 dans le Finistère, le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine et les Côtes-d'Armor sont à suivre en direct, ce 7 juillet, sur France 3 Bretagne et sur notre site internet 

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