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Aux Bars en Trans, on sait où sont les femmes

© SG
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D'année en année, les projets au féminin se taillent une place de choix dans la programmation des Bars en Trans. Loin de la notion de "focus" ou de "zoom sur", c'est là le reflet d'une génération d'artistes qui s'est libérée.

Par Stéphane Grammont

Quelles que soient les esthétiques musicales, elles sont là, et bien là. Le seul fait de le souligner fait de vous un journaliste qui tombe dans le panneau du marketing éditorial. Mais qu'importe. 

Force est de constater qu'aux Bars en Trans, si l'on voulait se faire un parcours "au féminin" (à baliser en violet), il y aurait un tel choix qu'il faudrait laisser des pépites au carrefour.

Ce jeudi par exemple, dès l'ouverture, on choisirait le Live Club avec un plateau quasi exclusivement féminin. La voix solaire de Diane, de Camp Claude, à laquelle succède l'électro-pop d'Oré. Et Léonie Pernet en plat de résistance.

"Pour moi Léonie Pernet, c'est le talent pop à la Française" éclaire le programmateur, Philippe le Breton, "même si elle chante en français".

De scène féminine, pourtant, il ne veut guère entendre parler. Ou alors c'est depuis si longtemps que cela fait partie du paysage. "Il n'est pas question de donner de la place aux femmes" dans la programmation, "c'est juste naturel pour nous".

Aussi note-t-il une montée en puissance d'artistes "avec des vraies notions de musique". "Elles ont souvent une formation solide, et il y a de plus en plus des auteur(es) -compositeur qui réussissent", note-t-il. Avec, il y a déjà une décade, des artistes comme Christine and the Queen pour ouvrir la voie.
 

Icônes punk


Et pourtant. Plongées à rebours dans les années 80, Marion et Charlotte peuvent citer des dizaines d'artistes féminines qui les ont inspirées. "ll y a tout dans les années 80. Il y a l’émergence de la techno, il y a la consécration de la pop, il y a la new wave, c’est énorme" énumère Marion. "Ce sont toutes les machines qui arrivent et qui se démocratisent petit à petit et du coup ça explose" ajoute Charlotte, que l'on découvrira au Bar Hic devant un parterre de pédales et de cartes son.

Dans toute cette richesse, les femmes sont à l'instar de ce que disait Virginia Woolf: "des poétesses il y en a, mais les livres d'histoire n'en citent que quelques-unes". Au-delà de Blondie, "la moitié de la scène punk underground était féminine" argumente Marion, qui voit "régulièrement, par vagues, des articles sur les femmes dans le rock, sur les femmes dans la pop".

 

Au féminin dans le texte


Des femmes qui ont ouvert la voie, en somme. La voie d'une prise de risque, assumée, sur les projets. D'une prise de parole assumée également, "et surtout en français" insiste Philippe le Breton, "au-delà du cliché de la guitare/voix d'une songwriteuse".

"Quand j’ai commencé à écrire, je me suis découvert une passion pour les textes, et raconter des choses très intimes" explique Bakel, qui ancre ses textes bruts sur un pop très produite, que l'on découvre en ouverture ce jeudi à La Place.

La jeune artiste, que l'on découvre enfant autour de sa famille dans un clip brut et intime, a "grandi dans la techno, dans des choses plus folles" que la pop plus "mainstream" dans laquelle elle s'inscrit aujourd'hui. "J'appartiens à une génération où l'on commence à donner la parole aux femmes, et j’aime l’idée de pouvoir m’inscrire là-dedans" reconnaît-elle, "parce qu'on a des choses à dire et que pendant longtemps, on n'a pas eu les temps ni la place pour le faire".

Ce qui pourrait passer pour un propos convenu post-#metoo cache une lucidité qui, sur scène, met à nu l'artiste, avec des textes ciselés, emprunts d'engagements, tant politiques qu'intimes. 
 
 

Sous contrôle


En amont, il y a la démarche d'une artiste à qui son image appartient. "Bien sûr, en autoproduction, tout contrôler à ses limites à cause des moyens" reconnaît Bakel, "mais effectivement j'aime mon image et je veux pouvoir la travailler, car cela va avec ma musique".

Une démarche que partagent Marion et Charlotte, d'Oktober Lieber, dont l'esthétique passe avant tout dans leur musique cold synth, toutes de noir vêtues. "On pourrait avoir des propositions en surfant sur une certaine vague médiatique, des shooting photo, des choses comme ça" estime Marion, "mais nous, on veut rester dans un créneau musical".

Le parcours dans les Bars en Trans continue ce vendredi et samedi, et il n'y aura pas beaucoup à faire pour chercher la femme.

 

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