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Bébés secoués : une Bretonne s'estimant accusée à tort de maltraitance comparait devant le tribunal

© Bruno Van Wassenhove - France 3 Bretagne
© Bruno Van Wassenhove - France 3 Bretagne

Jugée ce lundi 4 mars devant le tribunal correctionnel de Rennes, Vanessa Keryhuel est accusée d'avoir secoué son bébé alors âgé de 6 semaines. Elle se bat pour faire reconnaître ce qu'elle considère comme une erreur de diagnostic qui avait alors abouti au placement de son enfant.

Par Jérémy Armand


Feuilleter l’album photos des premières semaines de vie de son fils en sa compagnie : un moment de tendre complicité, mais qui résonne douloureusement pour la maman d’Hylann : "Quand je vois cet album maintenant, je ne vois plus que sa tête, témoigne Vanessa Keryhuel. "Je me rend compte qu’elle était très grosse. A l’époque, on a rien vu…".
 

Des symptômes jusqu'aux soupçons


Une observation lourde de sens : cette Bretonne qui vit à Maxent (Ille-et-Vilaine) replonge instantanément au cœur de plusieurs mois de cauchemar vécus à partir de février 2015. Depuis ce jour où les parents se rendent aux urgences car leur bébé a de la fièvre. Les médecins s'inquiètent de son périmètre crânien, des examens révèlent un liquide anormalement présent autour du cerveau. Cela peut être causé par des hématomes. Le soupçon de maltraitance s'installe.

« Ce soupçon de maltraitance, on ne le comprend pas de la part des médecins, car personne ne nous dit rien. On cherche à comprendre ce qui se passe par nous-même, se souvient Vanessa Keryhuel. Quand on a regardé sur Internet : on est tombé en première page sur le syndrome du bébé secoué. »
 

La machine judiciaire s'enclenche


La machine judiciaire se met en marche : signalement auprès du Procureur de la République, mise en examen de Vanessa Keryhuel pour maltraitance, l'enfant est placé dans une famille d'accueil pendant 15 jours. Une procédure extrêmement brutale pour cette jeune mère de famille.

« Ça a été un véritable coup de poignard, décrit-elle. Mon fils n'avait que deux pyjamas, il n’avait pas de couches, pas de biberons, pas de lait… On a eu 5 minutes pour lui dire au revoir. Je venais d’accoucher : ce lien mère fils qu’on avait en permanence, car je ne l’avais jamais quitté depuis sa naissance, ce lien a été coupé en 5 minutes. »
 

Une association pour se défendre


Ce n'est qu’en juillet 2015, après plusieurs mois de cauchemar, que toute la famille sera autorisée à revivre ensemble.
L'enfant souffrirait en fait d'hydrocéphalie, une maladie rare souvent héréditaire et qui pourrait expliquer une partie de ces symptomes. 

Aujourd’hui Vanessa Keryhuel attend beaucoup de son procès au tribunal correctionnel pour maltraitance, qui s’ouvre ce 4 mars à Rennes. "J’attends qu’on me dise qu’Hylann souffre d’une hydrocéphalie et qu’il y a eu une erreur de diagnostic. Je veux sortir de là lavée de tout soupçon. Je veux tourner la page, fermer le livre, et passer à autre chose".

Vanessa Keryhuel a créé une association Adikia, qui se concentre sur le sujet pour défendre les personnes qui s'estiment comme elle, accusées à tort de maltraitance. Adikia veut dire injustice en grec.


Le témoignage de Vanessa Keryhuel recueilli par Catherine Carlier, Bruno Van Wassenhove et Christine Pierret 


 

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