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Cinq manifestants accusés d'avoir agressé un policier comparaissent à Rennes

Devant la salle d'audience du Tribunal correctionnel de Rennes, le public tend l'oreille pour écouter les débats. Cinq jeunes sont accusés d'avoir agressé un policier au cours d'une manifestation. / © M.Thiébaut France 3 Bretagne
Devant la salle d'audience du Tribunal correctionnel de Rennes, le public tend l'oreille pour écouter les débats. Cinq jeunes sont accusés d'avoir agressé un policier au cours d'une manifestation. / © M.Thiébaut France 3 Bretagne

Rennes, le 27 avril, 1500 personnes manifestent contre "Lepen et Macron". Une scène avait suscité l'émotion: un policier, motard, avait pointé son arme sur des manifestants. Juste avant de dégainer, il était attaqué. 5 hommes sont jugés pour violence aggravée. 9 à 12 mois de prison ont été requis.

Par Myriam Thiébaut


Il y avait du monde ce mercredi 21 juin à 9h pour assister aux procès des 5 jeunes soupçonnés d'avoir agressé un policier le 27 avril 2017, en marge d'une manifestation sur le thème "Ni Lepen ni Macron". Nous étions à quelques jours du second tour de l'élection présidentielle.

Ce mercredi matin, une file d'attente s'est formée devant la salle d'audience et à l'extérieur du Tribunal correctionnel de Rennes. Il faut dire que la salle dédiée à ce procès est particulièrement petite. A peine une quarantaine de places. Un choix perçu comme délibéré par les étudiants et jeunes militants venus soutenir les 5 prévenus, également étudiants pour certains. 

Le policier qui avait mis en joue un groupe de manifestants rue de l'Alma à Rennes, le 27 avril avait été pris en photo, pointant son arme. L'image partagée sur les réseaux sociaux avait suscité l'effroi. Mais les vidéos tournées juste avant que le policier ne sorte son arme, ont montré que celui-ci était violemment pris à parti par plusieurs manifestants. L'un d'entre eux frappant le policier avec un pommeau de douche au bout d'un tuyau.  Un autre brandissant un objet, pouvant être un pavé.

Un policier a mis en joue des manifestants ce jeudi 27 avril à Rennes. / © France Télévisions
Un policier a mis en joue des manifestants ce jeudi 27 avril à Rennes. / © France Télévisions


Cinq jeunes âgés de 23 à 31 ans sont jugés pour "violences sur agent de la force publique commises en réunion avec usage d'une arme par destination - dans le cadre d'une manifestation publique". Maître Frédéric Birrien, qui défend les 2 policiers ayant porté plainte, rappelle qu'"en droit pénal, la tentative de violence n'existe pas. Donc à un moment donné, il va falloir que chacun prenne ses responsabilités et s'explique sur les raisons de sa présence (sur les lieux de l'agression du policier, NDLR) et deuxièmement pourquoi n'ont-ils rien fait pour protéger le policier, s'ils voulaient éventuellement le protéger, comme on l'a entendu."

L'avocat de l'un des 5 prévenus estime quant à lui qu'il est impossible d'identifier les auteurs de l'agression, ceux-ci étant masqués et habillés de noirs. "Mon client explique qu'il n'était pas en tête de cortège, et qu'il n'a même pas vu l'agression," poursuit Maître Benoît Poquet. Il va plaider la relaxe, contestant la méthode qui a abouti à l'inculpation de son client. Les enquêteurs ont "utilisé des photos de la manifestion du 27 avril, et ils les ont recoupées avec des photos prises à d'autres manifestations, des photos de mars 2016, il y a près de 18 mois."
L'avocat redoute que les prévenus soient traités de manière indifferenciée, depuis qu'une guerre des images s'est installée entre militants et policiers. 



Une bataille qui se joue depuis que des intellectuels et des militants ont publié une tribune dans Libération, condamnant les méthodes de la police à Rennes. Le journal a finalement publié un article, hier mardi 20 juin, qui reprend toutes les hypothèses sur le déroulement de la scène. Pour conclure que le policier avait bien été menacé et attaqué.

Et le procureur de la République à Rennes a, lui aussi, participé à ce grand déballage. Peu après l'interpellation des prévenus, il a transmis à la presse locale des photos de l'agression du policier. Ce sont ces mêmes photos qui ont été reprises et publiées par la Police nationale sur son propre compte twitter, deux jours avant le procès des agresseurs présumés du policier.
Le procureur de la République Nicolas Jacquet justifie d'avoir communiqué des photos au coeur de l'enquête. Informer le public sur l'état d'une enquête fait partie de ses prérogatives. 

Procureur Nicolas Jacquet sur les photos communiquées du policier agressé
Le Procureur de la République Nicolas Jacquet s'explique sur les raisons pour lesquelles il a communiqué des photos prises pendant l'agression du policier. - France 3 Bretagne - Maxime Guégnard France 3 Bretagne


"Un tribunal 2.0 s'est mis en place depuis quelques jours", estime pour sa part l'avocat Benoît Poquet, qui défend l'un des cinq prévenus.

L'enjeu du procès est notamment de garantir la sérénité des débats, dans un contexte pas très serein. Les peines de prison encourues: de 9 à 12 mois de prison ferme. 

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