"Eau du bassin Rennais", lauréat des 14e Trophées bretons du développement durable dans la catégorie "Acteur public"

La remise des Trophées bretons s'est déroulée ce mardi 22 septembre. Lauréat dans la catégorie "Acteur public", le collectif Eau du Bassin Rennais fait travailler ensemble agriculteurs, consommateurs et collectivités afin d’améliorer la qualité de l’eau.

Situé sur la commune de Saint-Thurial, le barrage de la Chèze fournit 20% de l’eau du département d’Ille et Vilaine.
Situé sur la commune de Saint-Thurial, le barrage de la Chèze fournit 20% de l’eau du département d’Ille et Vilaine. © Eau du Bassin Rennais
En Bretagne, quand on évoque la question de la pollution des eaux, les agriculteurs, grands consommateurs de nitrates et autres produits phytosanitaires, sont souvent pointés du doigt.  Et dans le même temps, comment faire pour changer de pratique sans mettre son exploitation  en danger ? Pour les aider, en Ille-et-Vilaine, Eau du Bassin Rennais en charge de la production d’eau potable pour toute la Métropole a créé Terres de Sources. Un label local de produits agricoles qui participe à la protection de l’eau tout en veillant à une juste rémunération des agriculteurs dont les exploitations se trouvent sur leurs zones de captages.


Une démarche gagnante-gagnante

"L’idée, c’était de faire acheter leurs produits par la commande publique en faisant en sorte que les prix prennent en compte les coûts de production. Mais comme à l’échelle européenne  le localisme est interdit, les appels d’offres que nous lançons ne sont plus pour l’achat de denrées alimentaires, mais pour une prestation de préservation de la ressource en eau", explique Daniel Helle, coordonnateur du projet.

En contrepartie, les agriculteurs s’engagent à respecter un cahier des charges plus respectueux de l’environnement. Le recours aux OGM par exemple, l’huile de palme, les antibiotiques en préventif, et certains pesticides leurs sont interdits. Les conseillers d’Eau du bassin Rennais plaident pour plus de rotation des cultures et une plus grande diversification des exploitations"Quand on agrandit une exploitation on détruit les bocages, ces haies qui sont très importantes pour la qualité de l’eau mais aussi pour stocker le carbone dans le cadre du changement climatique", défend Daniel Helle.


Produire local et consommer local

En 2015, 3 agriculteurs ont répondu favorablement à un premier appel d’offre lancé avec le soutien de la ville de Rennes pour fournir en denrées les restaurants scolaires. Deux ans plus tard, en 2017, 14 autres communes de la Métropole ont rejoint le programme et le nombre d’exploitants est  passé lui de 3 à 20. Un troisième marché est d’ores et déjà en préparation. Le programme s’étendra désormais sur une quarantaine de communes pour près de 60 agriculteurs.

Pour Daniel Helle : "L’objectif est de développer progressivement la démarche à toute la restauration collective du territoire et au-delà, aborder le marché des consommateurs, ce que l’on a commencé à faire."

Depuis un an en effet, la marque Terres de Sources a rejoint le circuit de la grande distribution. Viande de porc, yaourts, glaces, fromages, produits locaux, se retrouvent dans les rayons de grandes et moyennes surfaces, vendus aussi aux restaurants, sur les marchés, sur internet. Toute une filière s’organise pour un enjeu qui dépasse celui de l’eau.

"C’est un outil de relocalisation de l’économie dans un contexte de très forte concurrence européenne et internationale puisque les agriculteurs sont en concurrence à l’échelle mondiale. Pour produire localement des denrées consommées sur notre territoire, on va faire en sorte de rassembler tous les maillons de la filière pour qu’ils puissent s’entendre sur des prix, des volumes, et une durée", confirme Daniel Helle. 
 

1/4 des agriculteurs du bassin rennais labellisés d'ici 10 ans 

On estime à 2 000 le nombre d’agriculteurs exploitants sur les zones de captage. Ceux qui ont rejoint le programme ne sont encore pas assez nombreux pour influer réellement sur la qualité d’eau, mais les porteurs du projet sont confiants et visent la barre des 500 d’ici 10 ans. "Avec un quart des exploitations on va sentir déjà les améliorations sensibles. Après, bien sûr, on va continuer pour atteindre une part d’exploitation beaucoup plus importante encore ", fait savoir le coordonnateur du projet.

 
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