Etudiant éborgné à Rennes : un policier renvoyé devant le tribunal

Publié le Mis à jour le
Écrit par Sylvaine Salliou (Avec AFP)
Jean-François Martin a perdu son oeil gauche lors dune manifestation rennaise contre la Loi Travail
Jean-François Martin a perdu son oeil gauche lors dune manifestation rennaise contre la Loi Travail © Damien Meyer (AFP)

Un policier, mis en cause dans l’enquête sur un étudiant éborgné par un tir de LBD à Rennes en avril 2016, est renvoyé devant le tribunal correctionnel. Une décision très importante, pour l'avocat de l'étudiant.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes a ordonné le renvoi d'un des deux policiers mis en cause dans l'enquête sur Jean-François Martin, un étudiant éborgné par un tir de LBD à Rennes en 2016 lors d'une manifestation contre la loi Travail. 

L'ordonnance de non-lui partiellement infirmée

La chambre de l'instruction a ainsi partiellement infirmé l'ordonnance de non-lieu rendue en mai 2020. Ce non-lieu avait été motivé par le fait que l'auteur du tir n'avait pu être "identifié avec certitude". L'étudiant en géographie, alors âgé de 20 ans, avait été blessé lors d'une manifestation le 28 avril 2016 par un tir de LBD 40 (lanceur de balles de défense) et avait perdu l'usage de son oeil gauche, qui avait dû être énucléé. Il avait fait appel de l'ordonnance de non-lieu.

Deux policiers avaient fait usage de leur arme au moment des faits et avaient été placés sous le statut de témoin assisté pour "violences volontaires ayant entraîné une infirmité ou une mutilation permanente par personne dépositaire de l'autorité publique".

La famille de la victime satisfaite

Ce renvoi devant le tribunal correctionnel est « une excellente nouvelle pour Jean-François Martin et sa famille et au-delà pour toutes les victimes de violences policières particulièrement touchées par des tirs de LBD », a estimé leur avocat, Me Arié Alimi, relevant qu’il y avait « peu de renvois devant un tribunal pour un tir de LBD ».

Cette décision ouvre la voie, selon l'avocat à d'autres juges qui pourraient s'en inspirer à l'avenir. Il ajoute que la prochaine étape, ce sont les préfets qui pourront être mis en cause pour avoir donné des ordres aux policiers. 

Aujourd'hui, le policier renvoyé devant le tribunal, peut se pourvoir en cassation. 

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