Le festival de BD d’Angoulême s’invite en gare de Rennes

Depuis fin décembre et jusqu’à mi-février, la 48e édition du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême s’expose en grand format dans plus de 40 gares partout en France, dont celles de Rennes.

Gare de Rennes, 11 heures du matin. Alain descend de son bus et a une heure d’attente pour sa correspondance. Ce septuagénaire originaire de Vannes tombe nez à nez avec les cases de la bande dessinée Les vieux Fourneaux. « Ça tombe bien, j’ai du temps à perdre et j’adore la BD ! », nous lance-t-il.

A l’heure où le Festival international de BD d’Angoulême doit se réinventer face au contexte sanitaire, la gare de Rennes prend le relais et accueille, tout comme 40 autres gares de France, une édition un peu spéciale avec des BD en grand format.

Après l’annulation du rendez-vous qui a normalement lieu fin janvier, le Festival, en partenariat avec SNCF Gares & Connexions, a fait le choix de s'emparer de l'espace public. « L’idée était de faire vivre l’ensemble des sélections 2021 pour les Fauves d’Angoulême », précise Sylvie Chabroux, en charge des relations presse pour le Festival. « Il fallait leur donner une visibilité pour exister hors de nos murs habituels ».

A Rennes, quatre auteurs sont mis en lumière : Fabio Viscogliosi pour Cascade, Seven pour Chinese Queer, Keigo Shinzo pour le tome 2 de Mauvaise herbe et Paul Cauuet et Wilfrid Lupano pour Les vieux fourneaux.

Si la plupart des voyageurs passent devant les panneaux sans lever le nez, Alain, lui, salue l’initiative : « C’est une très bonne façon de maintenir le lien avec la BD, le festival, et même de se croire au musée comme tout est fermé ! »

La BD survit à la crise du Covid-19

Ces expositions permettent ainsi de toucher un nouveau public, même si les ventes de bande dessinée n’ont pas souffert de la crise sanitaire. Dès le déconfinement au mois de mai, les librairies ont en effet constaté une augmentation de la fréquentation.

« Il y a eu un vrai engouement », se réjouit Thomas Pestel de la librairie rennaise Ty Bull, spécialisée en bande dessinée. « On a vu arriver des nouveaux clients, des gens qui nous disent qu’ils préfèrent venir acheter leur BD ou leur livre chez nous plutôt qu’à la Fnac ».

Et avec la réouverture des librairies un mois après le reconfinement, les ventes de BD ont très bien marché à l'approche des fêtes de Noël. Les BD qui ont eu le plus de succès ? Peau d’Homme et Les Vieux Fourneaux selon le libraire de Ty Bull.

Mais aussi, et surtout, L’Arabe du Futur, sorti pendant le reconfinement. « Beaucoup d’éditeurs ont fait le choix de décaler la sortie de leur BD, mais pas celui-là. Cela nous a sauvés ! »

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