Maison squattée : les occupants s'expliquent, la maire de Rennes appelle au calme

Rennes : la maison squattée de l'octogénaire / © A. Masteau
Rennes : la maison squattée de l'octogénaire / © A. Masteau

La polémique autour du squat de la maison de Maryvonne à Rennes, ne cesse de faire réagir. Dans un courrier, les squatteurs justifient leur occupation. De son coté, Nathalie Appéré, la maire de Rennes, lance un appel au calme devant le flot de propos violents que provoque cette affaire.

Par Thierry Peigné

Depuis une dizaine de jours, l'affaire de la maison squattée de Maryvonne ne cesse d'agiter les réseaux sociaux et provoque la réaction de groupes politisés qui se succèdent devant l'habitation, rue de Châtillon. A Rennes, cette octogénaire ne peut pas entrer chez elle, sa maison étant occupée par des squatteurs. Il lui faudra des semaines de procédures judiciaires pour pouvoir récupérer son bien.

Lire : Rennes : le combat d'une octogénaire pour récupérer sa maison squattée


Les squatteurs s'expliquent

Dans un courrier signé "Les habitants", les squatteurs de la propriété de Maryvonne font connaître les raisons de leur occupation depuis des mois dans le soucis écrivent-ils de "clarifier la situation et d'arrêter le flot de mensonges".

Ils se présentent comme étant "tous dans une situation de grande précarité, et cela que nous soyons saisonniers, étudiants ou chômeurs. Trop jeunes pour toucher le RSA ou le minimum vieillesse, nous n'avons pas la possibilité économique de louer un appartement, et c'est pour cela que nous avons choisi de nous organiser collectivement face à la misère et l'isolement".

Selon eux, "Maryvonne n'a jamais été délogée de cette maison, pour la bonne et simple raison que celle-ci était inoccupée depuis au moins sept ans (...) lors de notre arrivée il y a 18 mois, la maison était dans un état déplorable (...) clairement inhabitable, surtout pour une personne âgée".

Ils précisent dans leur courrier que "dès notre arrivée, notre présence a été signalée aux autorités et à Maryvonne Thamin. Nous avons été en contact avec elle une semaine plus tard (...) Nous n'avons néanmoins eu à ce jour aucune nouvelle d'un huissier ou du tribunal".

Pour les occupants de la maison "le 94 rue de Châtillon n'est pas le domicile principal de Maryvonne Thamin puisqu'elle vit depuis plusieurs années chez son compagnon aujourd'hui décédé. Nous n'avons donc pas commis de violation de domicile dans cette maison à l'abandon dans un quartier en proie à la spéculation immobilière".

Ils terminent en précisant qu'ils "ne cèderont ni aux menaces ni aux intimidations proférées à leur encontre". 

L'appel au calme de la maire de Rennes

Sur sa page Facebook, Nathalie Appéré, la maire PS de Rennes a tenu à "lancer solennellement un appel au calme et rappeler que nous (la mairie) sommes en lien constant avec les services du Préfet afin d'éviter de nouveaux débordements". Un appel alors que des groupes d'extrême-droite ont déjà manifesté devant la maison et  cherchent de nouveau à mobiliser pour un rassemblement devant la maison vendredi.

L'élue précise en préambule que "Madame Thamin est victime d'une situation intolérable, privée de sa maison par des squatteurs qui utilisent toutes les ressources du droit pour l'empêcher de regagner son logement. Nous sommes en contact avec elle depuis l'automne 2013, puisque ce sont les services municipaux qui lui ont appris que sa maison était squattée et ont tenté de l'accompagner dans les démarches à entreprendre". Elle précise que les propositions de relogement que la mairie a proposé à Maryvonne Thamin sont toujours d'actualité surtout qu'elle craint que "son domicile doive faire l'objet de travaux de remise en état qui repousseront d'autant son retour à la maison". 

Elle termine son post Facebook en regrettant que "Cette triste affaire, dont une vieille dame est la victime, ait également déchaîné un flot de propos mensongers et diffamatoires d'une rare violence et des manœuvres politiques écoeurantes, notamment sur les réseaux sociaux. Des affrontements entre deux groupes de manifestants extrémistes ont été évités de justesse par les services de police".

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