Manif anti-FN à Rennes : les quatre interpellés ont été relâchés

Les opposants au meeting du FN à Rennes / © Gilles Le Morvan - France 3 Bretagne
Les opposants au meeting du FN à Rennes / © Gilles Le Morvan - France 3 Bretagne

Les quatre personnes interpellées samedi soir à Rennes lors de la manifestation violente contre une réunion du Front national ont été relâchées. Une enquête est en cours. A Rennes, la tension est grandissante entre anti-fascistes et membres de groupuscules d'extrême-droite.

Par Sylvaine Salliou (avec AFP)

"Tout le monde a été remis dehors", a-t-on indiqué à la police d'Ille-et-Vilaine, en précisant qu'une enquête était en cours après les incidents qui ont fait cinq blessés légers dans les rangs des forces de l'ordre.

Quelque 600 à 700 manifestants ont protesté dans le centre-ville de Rennes contre la tenue d'une réunion électorale du FN dans une salle qui a accueilli une centaine de militants.
Bloqués par les forces de l'ordre à l'approche de la salle, des casseurs s'en sont pris à des vitrines et à un commissariat, avant d'incendier un véhicule. Des policiers ont été atteints par des jets de pavés, avant de faire usage de gaz lacrymogènes et d'un canon à eau. "Des enquêtes vont suivre sur ces événements", a indiqué la police. Dans un communiqué, le FN 35 s'étonne de la remise en liberté de ces personnes et parle d'impunité.

"Mensonges et esprit polémique qui ne sauraient duper personne"

Le maire PS de Rennes, Daniel Delaveau, a condamné ces violences, tout en accusant le FN d'avoir choisi la provocation en organisant la réunion dans un lieu symbolique des luttes sociales à Rennes. "Le Front national, qui n'est pas un parti comme les autres, a choisi de tenir un meeting salle de la Cité, avec le sens de la provocation dont il est coutumier. Ses mensonges et son esprit polémique ne sauraient duper personne", a estimé M. Delaveau. De son côté, le FN a accusé dimanche le ministre de l'Intérieur Manuel Valls de "protéger les voyous +antifas+" qui déploient une "violence inouïe" comme à Rennes, et l'a enjoint de dissoudre ces groupes qu'il compare à des "milices du pouvoir".

Tension grandissante à Rennes

La tension a augmenté depuis plusieurs mois à Rennes. En juin dernier déjà, des patrons de bar étiquetés à l’extrême gauche nous ont décrit des scènes de bagarres très violentes entre anti-fascistes et membres de groupuscules d’extrême droite. En fait, à Rennes, à chaque fois, que ces militants d’extrêmes droite se réunissent, ceux de l’extrême gauche organisent des contre manifestations.
Le 9 mai dernier lors d'un rassemblement d’une dizaine de militants d’extrême droite, une bagarre à coup de marteaux a éclaté dans un bar de Rennes, plusieurs personnes ont été blessées. Des plaintes ont été déposées. 

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