Pom, pom, pommes : l'écomusée du pays de Rennes retrace l'histoire d'un fruit bien de chez nous !!!

© DR Pascal Glais
© DR Pascal Glais

À travers les regards croisés du botaniste, du géographe, de l’horticulteur et de l’ethnologue, l’exposition "Pom, pom, pommes, une histoire bretonne" fait découvrir au public les multiples relations qui lient l’homme au fruit, particulièrement en Bretagne. 
 
 

Par C.J.


Pas moins de 3 000 variétés de pommiers sont encore recensées en Bretagne !

Les Bretons et la pomme ont lié leur destin depuis des siècles. Mentionné dès le XIVe siècle en Ille-et-Vilaine avant de s’étendre à la Basse-Bretagne, le fruit le plus consommé de France a fait les beaux jours de l’économie rurale en Bretagne jusqu’à son âge d’or entre 1850 et 1950.
 
À croquer, cuite, transformée en jus, en cidre ou en eau-de-vie, la pomme est fortement associée à l'image de la Bretagne. Sa production témoigne d’un savoir-faire artisanal qui a façonné les paysages mais aussi la vie quotidienne, les relations sociales et l’imaginaire du territoire. Trait distinctif de l’histoire et du patrimoine de Bretagne, la pomme a su résister aux bouleversements de la production agricole intensive. Sa diversité variétale est demeurée d’une ampleur inégalée.
© DR archives départementales d'Ille-et-Vilaine
© DR archives départementales d'Ille-et-Vilaine


La pomme dans son jardin


La pomme aime les climats doux et humides. Elle ne pouvait que se plaire sous nos latitudes tempérées. Partout des champs « hérissés » de pommiers ont envahi le paysage. En plein champ, au bord des haies, le long des chemins creux… Jusque dans la cour des fermes, les jardins de curé et les grands domaines seigneuriaux. « À cidre » ou « à couteau », la pomme fut toujours le fruit de tous, de tous les jours.

Rustiques et vigoureux, les pommiers sont conduits traditionnellement en « haute-tige » comme des arbres de plein-vent parmi les cultures. C’est le modèle traditionnel du « verger complanté » où l’arbre s'allie avec la faune et la flore dans un écosystème favorable à la biodiversité.


Améliorée par la main de l’homme


La pomme telle qu’on la connaît aujourd’hui n’est pas bretonne ni normande. Elle provient des forêts primitives des montagnes du Kazakhstan, en Asie centrale. Acclimatée en Europe sous l’Antiquité, la pomme a toujours fait l’objet d’intenses opérations de sélection, de croisement et de greffage. Reinette d’Armorique, Chailleux, Pied Court, Peau de chien, Rouget de Dol... Toutes ces variétés locales ont été soigneusement créées par l’homme au fil des siècles.
Transmis par le bouche à oreille, les savoir-faire horticoles et la promotion des variétés les plus intéressantes ont été progressivement théorisés avec l’apparition des sciences horticoles. Au 19e siècle, les écoles primaires, l’enseignement agricole et diverses organisations spécialisées diffusent les bonnes pratiques et les variétés qui assurent aux exploitants les meilleurs rendements. À travers l’activité cidricole, la pomme devient un levier de développement économique, une source de revenus complémentaires. Denrée moins périssable que d’autres fruits et légumes, elle est aussi un moyen de subsistance alimentaire non négligeable.
© DR Pascal Glais
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La pomme, une production juteuse


De la fin du 16e siècle - jusqu’aux années 1950, les produits liés à la pomme étaient au coeur de la vie agricole bretonne. De la pomme et de ses dérivés, les petites fermes en tiraient un complément alimentaire et un revenu intéressant. Mais des entrepreneurs avertis et de plus grosses exploitations agricoles, liées à la production de cidre et d’eaux-de-vie encadrée par l’État, surent en tirer des profits plus avantageux encore. Autour de la pomme, un réseau commercial s’est tissé. La pomme a donné du jus à des métiers annexes liés au transport, au négoce mais aussi à la fabrication de tonneaux ou de barriques. Des cidreries, des distilleries et des confitureries ont grandi à mesure que les vergers poussaient. Dans les années 1930, l’Ille-et-Vilaine était le 4e département français producteur de pommes de table.

Après la Seconde Guerre mondiale, la production de pommes s’est essoufflée. Concurrencé par le vin, les alcools forts et les sodas, le cidre faisait moins recette à table. Dans les années 60, la révolution agricole s’est tournée vers d’autres productions plus rentables. L’Etat a encouragé l’arrachage des pommiers.
 

Exposition "Pom, pom, pommes, une histoire bretonne"

À l'écomusée du Pays de Rennes - Route de Châtillon-sur-Seiche.

A voir jusqu'au 30 aout 2020.

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