Récolte de pommes : Mathieu Le Saux cherche des fruits du terroir pour des cidres de caractère

C'est la pleine période de la récolte dans les vergers ! L'heure pour Mathieu Le Saux de quitter son île de Groix pour aller ramasser aux 4 coins de la région les pommes à presser. Le producteur de cidre a trouvé chez Pierre, ancien agriculteur d'Hénon, des variétés un terroir intéressants

Récolte de pommes dans un terrain de Hénon (Côtes d'Armor)
Récolte de pommes dans un terrain de Hénon (Côtes d'Armor) © M. Villaverde

"Faut que tout le champ soit ramassé ! Faut que tout soit net !" Du haut de ses 85 ans, Pierre Corbin, le propriétaire du verger s'impatiente. La café bu dans un coin de son verger, il faut enchaîner : c'est qu'il y a beaucoup de pommes à ramasser. Mathieu Le Saux, le cidriculteur d'une trentaine d'années indique à ses amis récolteurs par où commencer.

Près de 200 arbres de différentes variétés

Ces deux-là se sont rencontrés grâce aux pommes : le premier (costarmoricain) en avait des quantités à perdre dans son verger, l'autre (morbihanais) en cherchait pour faire du cidre dans sa ferme de l'île de Groix. Autant dire que l'ancien agriculteur à la retraite est bien content d'avori trouver quelqu'un qui s'intéresser à ses pommes et surtout qui vienne les ramasser : "Ce sont des pommiers que j'ai planté en 1987, après la grosse tempête.  Il y avait des aides à l'époque pour replanter. J'approuve l'initiative de Mathieu. j'suis content qu'il vienne. j'ai planté ce verger faut qu'il serve et pas qu'aux oiseaux !" explique le grand-père tout en ramassant. 

Kermerien, douce moën, locard ou marie ménard, le verger de Pierre compte 7 variétés différentes de pommes. "Pour faire un cidre équilibré il faut 3 familles de pommes différentes, des douces, des amers et des acides" détaille Mathieu.

En cette fin octobre c'est la kermerien et la douce moën que Mathieu est venu ramasser. La kermerien plutôt précoce est bonne à presser tout de suite. La douce moën elle va continuer à maturer dans des sacs "Il va y avoir une évaporation en eau, une concentration aromatique et après on aura un truc intéressant au niveau des amers, de la texture. On se projette déjà dans le profil aromatique du futur cidre avec quelque chose de goûtu en bouche avec une longueur" commente le jeune cidriculteur.
 

Les terroirs en bouteille

Mathieu collecte ses pommes dans les 4 départements bretons puis élabore ses cidres en respectant leur provenance "on eu envie de faire la démarche de valorisation de terroir. Notre idée c'est de mettre en avant les différents climats bretons, les différents types de sols et les variétés. Donc on ramasse les pommes par verger et jusqu'au bout du process on respectera l'intégrité du verger. Nos cuvées de cidre viennent donc de tel ou tel verger" . Pommes against the machine, Poum ou encore Al Capom... Le nom de ses cidres sont aussi pétillants que leur contenu, et aussi intéressants que leurs producteurs.
 
Chaque cidre de la ferme de Port Coustic vient d'un département breton
Chaque cidre de la ferme de Port Coustic vient d'un département breton © Maylen Villaverde
 

Cidriculteurs et vignerons


Mathieu est un novice dans la production du cidre mais il y met autant de rigueur et de passion que dans la fabrication du vin. Car le trentenaire a d'abord une formation en viticulture et oenologie. Avec sa compagne Noémie, issue d'une famille de vignerons suisses, ils ont racheté la ferme de Port-Coustic sur l'île de Groix avec pour ambition d'y produire leur vin. Le projet d'une vie qui se construit lentement au rythme de la nature et de la pousse de ses ceps de vigne. En attendant ils se sont lancés dans la production de cidres des terroirs bretons et se sont pris au jeu.
 

Avec des cidres secs et amers très loin des cidres doux de crèperie, Mathieu veut changer les modes de consommation et les a priori sur ce breuvage qu'il estime mal considéré. Petit à petit il se construit  un réseau de cavistes et des restautateurs qui partagent sa passion des bonnes choses et du travail bien fait.
 

Reportage de Mayen Villaverde et Valérie Chopin.
Montage : Nathalie Saliou-Tendron.
 



Intervenants :
1) Pierre Corbin, propriétaire du verger
2) Mathieu Le Saux, cidriculteur et vigneron

 

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