Procès de Saint-Médard-sur-Ille: la dangerosité du passage à niveau pointée du doigt

Procès de Saint-Médard-sur-Ille: le témoignage accablant des gendarmes concernant le passage à niveau n°11 / © Gildas Chasseboeuf / France 3 Bretagne
Procès de Saint-Médard-sur-Ille: le témoignage accablant des gendarmes concernant le passage à niveau n°11 / © Gildas Chasseboeuf / France 3 Bretagne

Au premier jour du procès de l'accident mortel du passage à niveau de Saint-Médard-sur-Ille (35), des enquêteurs et des témoins ont été entendus ce lundi après-midi. La dangerosité du passage à niveau, où un TER et un poids lourd se sont heurtés a été pointée du doigt.

Par Hélène Pédech (avec AFP)

La SNCF et un chauffeur de poids lourd comparaissent depuis lundi matin devant le tribunal correctionnel de Rennes dans le cadre du procès de la collision mortelle survenue il y a six ans, à Saint-Médard-sur-Ille (35).

Le 12 octobre 2011, vers 17H15, un camion avait été percuté par un TER au passage à niveau n°11 de Saint-Médard-sur-Ille, sur la ligne Rennes-Saint-Malo.
Deux passagères du train de 43 et 73 ans et un passager de 36 ans, ont été tués dans l'accident tandis que 61 personnes ont été blessées.



Les manquements de la SNCF


Les deux principales composantes de l'entreprise ferroviaire, SNCF Mobilités et SNCF Réseau, sont poursuivies pour homicides et blessures involontaires. Elles encourent jusqu'à 382 500 euros d'amendes chacune.

Il est reproché à la SNCF un manquement à sécuriser le passage à niveau malgré une "parfaite conscience et connaissance" de son "caractère accidentogène" en particulier pour les poids lourds, selon l'ordonnance de renvoi en correctionnelle.

"Certaines victimes ont vécu deux voire trois accidents au même passage à niveau sur quatre années"


"Le franchissement des poids lourds est relativement périlleux" sur ce passage à niveau, a relevé à la barre le major Stanislas Barré, enquêteur de la gendarmerie, évoquant des "routes sinueuses", un "passage étriqué" et "beaucoup de poids lourds" sur cette voie, venus d'une carrière voisine.

"Certaines victimes ont vécu deux voire trois accidents au même passage à niveau sur quatre années", a souligné encore le gendarme.

En ouverture du procès, lundi matin, Stéphane Leprince, directeur régional de SNCF Réseau, a exprimé à la barre "ses pensées les plus sincères aux victimes".

Sept ans d'emprisonnement encourus pour le chauffeur du camion


Egalement poursuivi pour homicides et blessures involontaires, le chauffeur du poids-lourd en cause, encourt, pour sa part sept ans d'emprisonnement.

"J'ai créé une entreprise de transport routier, ça s'est très mal terminé, je ne remettrai pas les pieds dans un poids lourd", a-t-il déclaré dans la matinée à la barre lors de l'interrogatoire de personnalité. "Ça a été très dur de rebondir", a glissé le prévenu au premier jour du procès.
Après l'accident, il a travaillé pendant deux ans dans l'humanitaire en Afrique, notamment pour Handicap International, avant de se reconvertir dans la "décoration événementielle".

Il lui est notamment reproché de s'être engagé sur les voies en dépit de l'activation des signaux sonores et lumineux, puis de s'y être immobilisé trop longtemps. 

Mardi: interrogatoires des deux prévenus


Mardi, le procès se poursuivra avec les interrogatoires du chauffard (matin) et des représentants de la SNCF (après-midi). Les accidents antérieurs à la collision mortelle du 12 octobre 2011 seront également analysés. Le procès doit se poursuivre jusqu'à vendredi soir.


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