Réforme des retraites. "On est comme du bétail, rien de plus". Propos de manifestants mobilisés à Rennes

Le syndicat Force Ouvrière a annoncé 35 000 participants à Rennes, 22 000 selon la préfecture. Une fréquentation importante pour ce 9è jour de manifestation intersyndicale contre la réforme des retraites. En marge des heurts qui ont éclaté, les manifestants se sentaient ragaillardis par cette mobilisation.

Tandis que les premiers heurts éclataient entre jeunes masqués et encapuchonnés, qui s'étaient postés en amont de la tête du cortège, et l'imposant dispositif policier, des manifestants s'écartaient du cortège après avoir défilé, en masse. 

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Car ces tensions ne doivent pas masquer la détermination de nombre d'entre eux, qui tenaient à rester pacifiques.

Certains manifestaient pour la première fois. Comme Laura, assistante en formation, pour qui "la coupe est pleine". "Pour moi c'est totalement du mépris. Il dit que la démocratie a été respectée, mais pour moi ce n'est absolument pas la démocratie, c'est de la dictature" dénonce Laura. "Quand on utilise le 49.3 et qu'on ne laisse pas s'exprimer les députés de l'Assemblée nationale, ce n'est pas normal".

Bruno, lui, est révolté. Ce retraité sexagénaire se sent humilié par le Président de la République, qui "nous considère comme du bétail, juste du bétail".

Des manifestants ragaillardis


Après le recours au 49.3, la motion de censure et hier mercredi 23 mars l'interview télévisée d'Emmanuel Macron, qui reste "droit dans ses bottes", certains se trouvent ragaillardis par cette mobilisation massive.

C'est le cas de Mélanie, qui est agent territorial : "On est nombreux, on est mobilisés, il y a des jeunes et des vieux, c'est réconfortant" dit-elle, s'affirmant toujours aussi motivée.


Sylvie, elle, les a toutes faites. Les neuf manifestations. Licenciée l'an dernier d'une entreprise de fourniture de matériaux, elle cumulait 38 ans d'ancienneté. "C'est la première fois que je manifeste autant, de toute ma carrière" confie-t-elle. Mais maintenant, "il faut que ça s'arrête, il faut trouver une solution".

On ne sait pas ce qu'il cherche

David Morel, CFDT


Alors quelle solution? Chez David Morel, le secrétaire départemental de la CFDT d'Ille-et-VIlaine, c'est l'incompréhension qui domine.  "On avait un projet, un projet systémique, [le projet de retraite à points, NDLR], Emmanuel Macron le sait car en 2019 nous étions d'accord avec son projet" rapelle-t-il. Mais aujourd'hui, après des semaines de mobilisation, "on ne sait pas ce qu'il cherche".


Plus résigné, le vice-président métallurgie de la CFTC en Bretagne, David Roulin, admet que ce 23 mars "est un baroud d'honneur". "Ca ne va plus changer grand'chose à part s'il y a un référendum mais je n'y crois pas trop" a-t-il déclaré à l'AFP.

Avec Claire Pain

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