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Rennes : face aux grévistes La Poste condamnée à 2500 euros

Une cinquantaine de salariés se sont réunis devant la Poste Rennes-Crimée / © France 3
Une cinquantaine de salariés se sont réunis devant la Poste Rennes-Crimée / © France 3

Après 56 jours de grève, le conflit entre La Poste et ses salariés connaît des rebondissements juridiques qui tournent à l'avantage des syndicats. La Poste vient d'être condamnée à verser 2500 euros au syndicat SUD PTT Ille-et-Vilaine et aux entiers dépens.

Par Marc-André Mouchère

Confrontée à une baisse constante du courrier qui l'oblige à s'adapter à de nouveaux marchés comme celui de la distribution croissante des petits colis, La Poste doit se réorganiser un peu partout sur le territoire. Fin 2017 l'établissement de La Poste de Rennes a même fermé sept des dix-neuf bureaux que comptait la ville. Depuis bientôt deux mois, trois des bureaux de Postes de Rennes sont en grève.


Une direction qui durcit le conflit

Les facteurs grévistes des trois bureaux de Rennes Crimée, de Rennes Colombier et de Rennes Le Gast, refusent une réorganisation qui change considérablement leurs rythmes et leurs charges de travail.

Mais les syndicats CGT et SUD PTT sont confrontés à une direction exécutive du courrier (DEX) qui usent selon eux, de tous les moyens pour faire céder les salariés.

En février dernier, La Poste soutient dans une requête au TGI qu'elle ne peut plus assurer sa mission de service public en raison d'agissement illicites des grévistes. Elle saisit le Président du Tribunal de grande instance de Rennes d'une demande d'expulsion de toute personne étrangère aux établissements concernés. La Poste vise par cette requête les piquets de grève devant les bureaux de Poste et demande certaines mesures d'interdiction.

Le 15 février dernier, le syndicat SUD-PTT reçoit donc une ordonnance du TGI interdisant les grévistes et les représentants syndicaux de pénétrer dans leurs établissements et de se rassembler sous peine d’astreinte de 50 euros par infraction.

Mais le syndicat contre-attaque invoquant le principe du contradictoire et des mesures plus respectueuses du droit de grève. Au final le syndicat SUD PTT l'emporte.


Des entorses au droit de grève

Selon SUD PTT, après ces épisodes en justice, la directrice de la DEX, aurait "fait appel au préfet, qui sans aucune justification [a] fait positionner 4 cars de la compagnie d’intervention devant le bureau de Rennes Colombier le vendredi 2 mars à partir de 6 heures du matin. Or, il n’y avait aucun trouble à l’ordre public sur la voie publique de la part des grévistes et de leurs soutiens."

Toujours dans son communiqué de presse le syndicat estime "qu'il serait plus utile de mettre fin aux troubles manifestement illicites que constituent l’embauche des CDD et des intérimaires en toute illégalité pour remplacer les grévistes. C’est ce qu’a constaté l’inspection du travail dans les locaux de Gefco à Bruz."
Enfin SUD PTT dénonce "la création de centres de tri dans des fermes (à Vieux Vy sur Couenon ) où les conditions de sécurité ne sont même pas respectées".

SUD-PTT appelle à un nouveau rassemblement le 6 mars à 15h devant la direction de La Poste à Rennes.




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