Rennes : en opération escargot, les patrons de discothèques de l'ouest revendiquent des revenus pour survivre

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À 7 heures ce mardi matin les patrons de boites de nuit de tous les départements de Bretagne mais aussi de Normandie et des Pays-de-la-Loire, ont mené une opération escargot sur la rocade de Rennes pour revendiquer des aides de l'État alors qu'ils sont fermés depuis le début de la crise sanitaire.

Une centaine de responsables de discothèques bretonnes, mais aussi des départements du grand ouest se sont donné rendez-vous ce mardi matin pour revendiquer des aides du gouvernements pour eux et leurs personnels. Ils ont organisé une opération escargot à leur façon, une sorte de danse qui tourne dans les deux sens de la circulation autour de la rocade de Rennes. 


Les discothèques appellent au secours


Les patrons de boites de nuit et leurs personnels sont souvent plus touchés que la plupart des commerces de ville, comme la restauration ou les bars, puisque la crise sanitaire liée au Covid-19 empêche toute forme d'activité de leurs établissements depuis 7 mois.

En Bretagne on compte environs 150 discothèques. Pour eux, il est urgent que le gouvernement prennent des mesures pour leur permettre de survivre à la crise. Certes, les salariés des discothèques ont droit au chômage partiel mais pas leurs gérants, qui n'ayant pas droit au chômage, n'ont pas droit aux aides des salariés et commencent pour certain à se demander comment ils vont nourrir leur famille d'ici la fin de la crise sanitaire.
Régis Toutain est l'un des deux cogérants d'une discothèque du Morbihan (le Missyl à Pontivy) et il préside le collectif du Morbihan qui comme les autres collectifs bretons, a tourné sur la rocade rennaise ce mardi matin. Une forme de manifestation un peu "disco" puisque les collectifs des différents départements de Bretagne, mais aussi de Normandie et des Pays de la Loire se sont répartis sur quatre entrées différentes autour de la rocade et dans les deux sens. Alors quand ils se sont croisés, le concert de klaxon a redoublé.
Mais tous les automobilistes n'ont pas apprécié cette danse : "Dans l'ensemble les gens comprennent, mais certains nous insultent. À l'un d'entre eux je disais par la vitre de la voiture que je n'avais plus de salaire depuis mi-mars, et il m'a répondu qu'il n'en avait rien à battre." 


Aucun espoir de rouvrir avant avril 2021

"L'État vient de prolonger notre fermeture jusqu'en avril 2021, explique Régis Toutain, et nos problèmes ne font que s'aggraver. Il faut comprendre que c'est l'entreprise qui touche les aides et il ne faut pas confondre la comptabilité de l'entreprise et notre compte en banque personnel. Depuis le début, on a 1500 euros d'aide mais les charges de telles entreprises comportent des engagements locatifs et des contrats de service qui sont moins faciles à suspendre que l'eau et l'électricité."

Même les aides, enfin en ligne depuis le 7 octobre, qui peuvent atteindre, quand le dossier est validé, jusqu'à 15000 euros pour rembourser des charges fixes, ne suffiront pas pour certains gérants à couvrir l'ensemble de leurs charges fixes incompressibles comme les loyers des locaux, la TVA et les charges salariales de leurs employés. Ainsi Régis Toutain explique qu'en juin il avait 22500 euros de charges fixes.

"Il y en a qui ont encore un peu de trésorerie, d'autres comme moi, qui ont siphoné leur trésorerie et ont dû emprunter à la banque. Moi j'ai emprunté 94000 euros, un prêt garanti par l'État, mais je devrais le rembourser à partir du 1er avril 2021 sans avoir aujourd'hui de date de réouverture." 
 

Aucun protocole de réouverture

Les gérants de discothèques auraient souhaité qu'on les écoute pour tester des protocoles de réouverture. Ils pensent que sinon les clients jeunes et moins jeunes iront faire la fête en privé ou simplement se rencontrer ailleurs. C'est une fonction sociale qu'ils connaissent parfaitement et les patrons de discothèque pensent pouvoir proposer des solutions et obtenir des résultats en encadrant les règles avec du personnel d'accueil et du personnel de sécurité.

Avant de voir leurs prêts fondre complètement, des patrons de discothèques commence à chercher des emplois dans des petits métiers comme livreurs pour survivre, mais les gérants aimeraient se voir attribuer un véritable revenu pour nourrir leur famille et faire face à une situation dont ils ne se sentent aucunement responsables mais que l'État leur impose.

À ce jour conclue Régis Toutain, 30% des discothèques sont en redressement ou bien ont déposé le bilan.