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Le soja en Bretagne, graine de champion

L'usine de Chateaubourg est l'un des trois sites de production de la filière soja de Triballat / © Isabelle Rettig
L'usine de Chateaubourg est l'un des trois sites de production de la filière soja de Triballat / © Isabelle Rettig

Depuis 30 ans, le groupe breton Triballat commercialise des produits au soja. Desserts, boissons, plats traiteurs, avec les marques Sojasun, vendue en grande surface et Sojade en réseau bio, Triballat est devenu le leader français du secteur. 

Par Isabelle Rettig

C’est un rituel quasi-quotidien. Autour de la table, elles sont quatre, responsables production, marketing ou nutrition. Des salariées chargées de tester les nouveaux produits au soja que Triballat vient de mettre au point. 

Ce jour-là, la boisson soja et noix. Goût, texture, aspect, odeur, rien ne leur échappe. Il faut pouvoir répondre aux attentes des consommateurs qui sont de plus en plus nombreux à se tourner vers des aliments à base de végétaux.


Le pari soja


Un pari que le groupe Triballat a fait en 1988 et dont aujourd'hui, il ne peut que se féliciter.

À l’époque, la laiterie familiale rachetée en 1951 par la famille Triballat cherche à se diversifier. En 75, elle a lancé une gamme de produits laitiers bio (qui existe toujours, commercialisée sous la marque Vrai) « mais l’arrivée des quotas a freiné la production à la source et la laiterie devait innover pour pouvoir perdurer », explique Olivier Clanchin, l’actuel PDG du groupe. 

Ses parents, Jean et Françoise Clanchin ont alors une idée lumineuse : transformer la graine de soja. À l’époque, des consommateurs bio, des intolérants aux produits laitiers leur ont parlé des vertus du soja, produit de base en Asie qui a déjà fait ses preuves. Pourquoi ne pas lancer la mode en France?
 
C’est ainsi qu’en 88, les desserts et les boissons Sojasun intègrent les rayons des supermarchés au côté des produits laitiers traditionnels. Ils ne vont plus les quitter.
 
Atout éco: Le soja en Bretagne, graine de champion
Isabelle Rettig, Jean-Michel Piron

 

Soja français et sans OGM


Mais le groupe ne veut pas en rester là. Engagé dans une démarche environnementale et responsable, dès 1995, il met en place sa propre filière d’approvisionnement. Le soja, transformé au sein des usines de Châteaubourg et Châteaugiron, est français (il provient essentiellement du sud-ouest de la France) et surtout garanti sans OGM. 

Un plus quand on sait que le soja importé d’Outre-Atlantique pour nourrir le bétail est en grande partie OGM.

Aujourd’hui encore, le soja qui est livré toutes les semaines en Bretagne est scrupuleusement contrôlé pour garantir qualité et traçabilité. La crédibilité du groupe en dépend. 
 

Une consommation en hausse


L’enjeu est de taille puisqu’aujourd’hui, 6 Français sur 10 déclarent consommer des produits au soja. 

Une consommation qui ne concerne pas que les végétariens ou végétaliens, mais bien l’ensemble des consommateurs qui souvent consomment du soja en complément des produits laitiers traditionnels. 

En tête de liste, les desserts, nature ou aux fruits (fruits bio, arômes naturels et sans conservateurs), au chocolat, à la vanille. Sojasun représente près de 62 % du marché français sur l’ultra frais végétal. 

Derrière, les boissons à base de soja ont fait leur place depuis 30 ans. Sans lactose, avec un faible taux d’acides gras saturés, elles sont riches en protéines végétales et en fibres. Boissons nature, enrichies aux fruits ou aux noix, la gamme compte une dizaine de références, une vingtaine pour les desserts.

À côté de l’ultra frais essentiellement produit dans l’usine de Châteaubourg, Triballat a créé aussi une gamme traiteur : burger végétal, steak de soja, nuggets et depuis peu une gamme tartinable que l’on peut trouver au rayon fromage. Au total, le groupe commercialise une soixantaine de produits. 
 

Chiffre d’affaires florissant


Les produits au soja représentent aujourd’hui un peu moins de 50% du chiffre d’affaires du groupe Triballat, soit environ 100 millions d’euros. Le chiffre d’affaires de Triballat, toutes filières confondues, est lui de 260 millions d’euros, 350 millions si on inclut les filiales comme Cereco que le groupe a racheté dernièrement.

L’essentiel des ventes se fait en France, mais Triballat est présent aussi en Italie, en Espagne, au Maghreb, pays qui sont de gros consommateurs de produits végétaux.

Le groupe produit également des gammes pour des marques "distributeur", allemandes ou britanniques.

Si le soja est appelé à rester « la colonne vertébrale » de la production végétale chez Triballat, le groupe explore de nouvelles pistes, très prometteuses, comme celle du chanvre, « une plante qu’on a beaucoup cultivé autrefois en Bretagne et qu’on recommence à produire. Le chanvre présente de belles qualités gustatives et nutritionnelles », explique Olivier Clanchin, tout sourire.

En Bretagne, grâce au vert, le groupe Triballat peut voir l’avenir en rose ! 

Le groupe Triballat dans son ensemble

1230 salariés
15 sites de production (les plus importants en Bretagne : Châteaubourg, Châteaugiron, Noyal/Vilaine)
325 millions d’euros de chiffre d’affaires
Production : 50% animale, 50% végétale, 50% bio, 50% conventionnelle.
Triballat sponsorise une équipe cycliste amateure et est le partenaire nutrition du skipper François Gabart, gros consommateur de produits au soja. 

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