Le pull 3D : le pari de la relocalisation de l’industrie textile en Bretagne

Trois Malouins lancent cet été la première usine de tricotage entièrement 3D. L’objectif est de créer un pull 100% français à un prix abordable. De la conception virtuelle du modèle au tricotage du pull, tout est automatisé.  

Bertrand Hélias prépare le banc de tricot automatique avant l'impression 3D d'un pull
Bertrand Hélias prépare le banc de tricot automatique avant l'impression 3D d'un pull © France 3 Bretagne

On est loin de l’image d’Épinal d’une usine textile traditionnelle. Pas de patrons de tricot dessinés sur les tables, pas de morceaux de tissus découpés qui traînent dans les coins. Dans les locaux de 3D Tex, tout se passe sur un écran d’ordinateur. Le modèle d’un pull y est analysé sous toutes ses coutures, du patron à la simulation du tricotage sur une machine virtuelle.

"Cette approche nous permet de diminuer énormément les temps de développement, de mise au point et de fabrication, annonce Basile Ricquier co-directeur de l’Usine. C’est le seul moyen de redévelopper une industrie textile en France. "
 

Modélisation 3D d'un pull sur un ordinateur
Modélisation 3D d'un pull sur un ordinateur © France 3

 

Une réactivité accrue

Une fois le pull numérique validé par l’équipe, un clic et une immense tricoteuse automatique et ses 3600 aiguilles se mettent en branle pour tricoter d’un seul coup le pull qui apparaissait sur l’écran. 30 minutes plus tard, le tricot tombe au pied de la machine.

"La méthode traditionnelle va consister à faire cinq panneaux : le panneau de devant, de derrière, les manches et puis le col qu’on va venir assembler ensemble, explique Gwendal Michel qui s’occupe de la production. L’avantage ici est de se passer de cet assemblage."
 

Bertrand Hélias prépare le banc de tricot automatique avant l'impression 3D d'un pull
Bertrand Hélias prépare le banc de tricot automatique avant l'impression 3D d'un pull © France 3 Bretagne


Gains de temps, de personnels, de matières premières, à écouter les trois Malouins fondateurs de cette usine de tricotage 3D, il n’y a que des avantages avec cette méthode. Ils se disent plus réactifs et surtout ils ne produiront que le nombre de pulls nécessaires. Fini les gaspillages massifs de la fast fashion. "La plupart de nos clients et les consommateurs sont très intéressés par le lieu de fabrication mais aussi aux conditions de fabrication des produits. En faisant du zéro déchet, on est complétement dans la production textile du XXIème siècle, se félicite Basile Ricquier."
 

Gwendal Michel et Marc Sabardeil, tous les deux cofondateurs de 3D Tex, inspectent les pulls tricotés.
Gwendal Michel et Marc Sabardeil, tous les deux cofondateurs de 3D Tex, inspectent les pulls tricotés. © France 3 Bretagne

 

Objectif 80 000 pulls par an

Le prix moyen pour ces pulls sera de 25 euros. Du prêt-à-porter classique qui rivalisera avec les productions des pays d'Europe du sud et d'Afrique du nord. L'entreprise bretonne lancera de la production cet été sur 10 nouvelles machines. Ils espèrent tricoter près de 80 000 pulls par an. 

Pour financer leur entreprise, Basile Ricquier, Gwendal Michel et Marc Sabardeil, les trois cofondateurs de 3D Tex ont lancé un financement participatif sur le site Ulule. Ils espèrent atteindre prochainement 250 % de leur objectif initial. 

 

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