Saint-Malo : visite exceptionnelle, le fort de la Conchée ouvre ses portes ce week-end

A une semaine des Journées du Patrimoine, cap sur Saint-Malo pour une visite exceptionnelle. A quelques encablures de la Cité Corsaire, le fort de la Conchée ouvre ses portes au public ce week-end. Un site, en chantier depuis 32 ans et accessible uniquement par bateau.

 

Le fort de la Conchée, une des fortification Vauban, construite pour la défense de la ville
Le fort de la Conchée, une des fortification Vauban, construite pour la défense de la ville © Elise Rouard - France Télévisions
Il est posé en mer, sur la ligne d'horizon, avec ses hautes murailles visibles de Saint-Malo, un de ces cailloux du large, qui font toute la beauté de la baie. Le fort de la Conchée, n'ouvre que très rarement ses portes, car depuis 32 ans, un immense chantier est mené pour reconstruire ce haut lieu patrimonial. A l'origine de l'aventure, il y a Alain Rondeau, aujourd'hui décédé, le mari de Nicole. Elle est venue assurer la visite du jour. En 1988, avec vingt amis, il a signé un million de francs pour acheter une ruine en pleine mer, détruite par les bombardements de 1944. Il ont alors monté une association, "La Compagnie du Fort de la Conchée".
 

Une de fortifications construites en mer pour protéger la cité 


Ces vieilles pierres composent une fortification, signée Vauban, soit le marquis Sébastien Le Prestre de Vauban, commissaire des fortifications de Louis XIV. L'enjeu à l'époque était de protéger la cité corsaire, alors premier port commercial de France et la baie de Saint-Malo, en érigeant des forts en pleine mer, équipés de canons afin de verrouiller la baie. La construction de la Conchée, un de ces éléments de défense de la côte, débute en 1692.
 
Le fort de la Conchée : 32 ans de restauration
Le fort de la Conchée : 32 ans de restauration © Elise Rouard - France Télévisions
 

En 1988, ils sont vingt à devenir co-propriétaires du fort


Deux siècles plus tard, ils sont donc vingt co-propriétaires à faire le pari de faire restaurer l'édifice à l'identique. Avec des poutres de 900 kilos, des marches d'une tonne. Une véritable folie. "Il n'y avait pas de débarcadère, se souvient Nicole, en faisant visiter les lieux aux visiteurs, on descendait à même les rochers, les premiers ouvriers étaient encore bien plus courageux que ceux de maintenant, parce qu'il n'y avait presque rien, il n'y avait pas de logis pour s'abriter, on leur avait mis une caravane. Enfin pendant dix ans, ça a été très très dur. J'aurais jamais cru !"
 
La voûte "tor" si particulière de la salle de tirs
La voûte "tor" si particulière de la salle de tirs © Elise Rouard - France Télévisions
 

"Le plus petit, mais le plus beau fort de la chrétienté" pour Vauban


Aujourd'hui, 32 ans après, le fort est strictement conforme aux plans du XVIIe siècle. Une reconstruction achevée à 80%. "Le point remarquable de ce fort ce sont ces voûtes, en forme de tonneau très particulières" explique, une des guides du jour, qui poursuit : "Vauban disait que c'était le plus petit des forts qu'il avait construit, mais qu'il était sans doute le plus beau de la chrétienté." Et les heureux visiteurs ne s'y trompent pas. Ils sont près de six-cent ce samedi à avoir eu la chance de pénétrer dans La Conchée, emmenés par quelques uns des co-propriétaires, qui le temps du week-end, se muent en guides. "On aimerait le partager davantage avec tous ces gens qui sont en demande de le visiter. On ne se considère pas comme propriétaires, nous ne sommes que des passeurs", souligne Bernadette, la présidente de l'association.
 
 
Saint-Malo : le fort de la Conchée ouvre ses portes au public
 

Deux à trois millions pour achever de restaurer les remparts


Leur objectif avant d'espérer ouvrir plus largement au public c'est de trouver deux à trois millions d'euros pour finir les remparts, dans la partie la plus courbe. Ce qui permettrait aux bateaux de pouvoir accoster à l'abri des courants. La région a beau financer largement, le public est aussi invité à participer par le biais d'un don. En achetant une pierre du fort par exemple, c'est virtuel, mais défiscalisé. Avis aux amateurs !


 
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