Vitré (35) : froid et Covid-19, le double défi d'un centre d’accueil pour les personnes sans-abri

Avec les températures négatives de ces derniers jours, la situation se complique dans les centres d’hébergement d’urgence. L'épidémie de Covid-19 nécessite un changement d'organisation. Les sans domicile fixe peuvent y rester plus longtemps, afin d'éviter les contaminations.

L'association pour l'insertion sociale de Vitré doit s'organiser pour accueillir les sans abris sans risques de contamination à la Covid.
L'association pour l'insertion sociale de Vitré doit s'organiser pour accueillir les sans abris sans risques de contamination à la Covid. © T. Bréhier - France Télévisions

On distribue des cafés, on parle,  on accueille, comme à  l'accoutumée cet hiver, dans les locaux de l'AIS 35 (Association pour l'insertion sociale ) de Vitré (35). Mais il faut à tout prix protéger la population déjà précaire au niveau sanitaire des sans-abri, face à tout risque de contamination de la Covid-19.

Il a donc fallu se réorganiser alors que nombreux cherchent un refuge contre le froid. En effet, les directives Covid ont changé la donne, l'état demande désormais que les bénéficiaires soient "stabilisés", c'est-à-dire gardés au même endroit pour éviter toute propagation du virus.


Effets psychologiques pour les sans-abri confinés au centre 


Alors que le nombre de places est déjà insuffisant, les responsables doivent malgré tout réduire les rotations, garder plus longtemps les personnes, pour éviter la propagation du virus. Ils observent de nouvelles difficultés.

Le fait pour les personnes que nous accueillons, d'être stabilisés chez nous et confinés dans le centre, en hébergement fermé, cela a une influence sur leur santé psychique. Cela fait apparaître de nouvelles problématiques.

Erwan Gravé, éducateur spécialisé

 

On se renferme encore plus. On ne veut pas être contaminé ni donner le virus, alors on a du mal à en voir le bout !

Gilbert, sans-abri hébergé

Un sentiment d'impuissance


La mission du centre a donc évolué : tout en permettant un meilleur suivi, cet accueil de plus longue durée demande plus d'attention, avec parfois un sentiment d'impuissance.

On fait de la mise à l'abri mais pour les personnes qui sont en errance sur le territoire et qui n'ont pas pu avoir d'hébergement, nous n'avons pas de solution, à part leur donner un café et des couvertures. Ensuite, elles repartent à la rue.

Guillemette Rebours responsable de service à l'AIS 35

Pour mémoire  : Le département d'Ille et Vilaine propose chaque jour 545 places d'hébergement d'urgence et près de 600 places d'hôtel ; des places régulièrement saturées, et cette année, le Covid n'y est pas pour rien.

 

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