Infarctus du myocarde : les Bretons doivent acquérir les bons réflexes

Reperfusion myocardique au CHU de Rennes / © France 3 Bretagne
Reperfusion myocardique au CHU de Rennes / © France 3 Bretagne

FAIRE le 15 - aussitôt détectés les premiers signes d'infarctus - c'est la seule bonne solution. Mais parmi les victimes d'infarctus en Bretagne, un patient sur deux ne le fait pas et retarde le bon diagnostic et l'intervention sur l'artère coronaire bouchée.

Par Marc-André Mouchère

Une campagne de l'Agence régionale de santé est en cours pour changer les comportement en cas de douleur thoracique.


Les Bretons plus souvent victimes de l'infarctus du myocarde que les autres régions


Dans notre région, il cause plus de 2 000 décès par an, soit six par jour. Et la mortalité par cardiopathie est chez nous très supérieure à la moyenne nationale. 

Sur 2011- 2013 La Bretagne est la plus mauvaise élève avec la Normandie et les Hauts-de-France. Là où en France le taux de mortalité par infarctus du myocarde est de 50,4 por 100 000 habitants, en Bretagne il est de 63,3. En 2013 on a compté 2241 victimes dans notre région dont 236 avaient moins de 65 ans.

© ARS
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L'infarctus du myocarde : une urgence vitale


À l'origine de l'infarctus du myocarde : une ischémie c'est à dire une diminution de l'apport sanguin au muscle cardiaque parce que l'artère coronarienne est bouchée par un caillot de sang (le plus souvent chez des personnes déjà exposées à l'arthérosclérose) . Il en résulte une baisse de l'oxygénation des tissus musculaires du coeur. Et sans oxygène, le muscle commence à mourir. L'objectif est de réouvrir l'artère bouchée d'urgence.


En Bretagne, seul un patient sur deux appelle le 15 et souvent trop tard


Pour prendre efficacement en charge un infarctus du myocarde il faut que la victime soit transportée dans un service hospitalier équipé pour reperfuser le myocarde, ce qui n'est pas le cas de tous les centres hospitaliers. Inutile aussi de perdre du temps à appeler son médecin ou les pompiers ou pire de transporter soi-même la victime vers un hôpital qui n'aura pas préparé la salle d'opération et surtout n'aura pas de diagnostic pour choisir la méthode d'intervention.


Une seule bonne solution : le 15 et vite !


L'avantage du 15 c'est d'être imédiatement certain qu'il s'agit bien d'une urgence avec un questionnaire simple. C'est aussi la rapidité d'intervention avec les premiers gestes de spécialistes dans un véhicule en communication avec l'hôpital spécialisé.


Gain de temps, gain de survie du muscle cardiaque


Il faut donc prendre au sérieux toute douleur thoracique de plus de 15 minutes. Il faut agir vite en appelant le 15. Car tout gain de temps est un gain de survie. L’objectif est de permettre une reperfusion idéalement dans les deux premières heures même si on peut encore sauver des vies quelques heures plus tard mais avec des séquelles.  En cas d'appel au 15 dans la première heure, le délai médian entre la douleur et l'angioplastie est de 2 heures 26. 

Au delà d'une heure, ce délai monte à 4 heures 25 !

La Bretagne dispose d'un maillage de neuf centres de cardiologie interventionnelle accessible en 45 mn pour la plus grande part de la population. 

Infarctus : vite le 15 !
intervenants: Marc Robic / Professeur Hervé Le Breton (service cardiologie et maladies vasculaires CHU de Rennes) - France 3 Bretagne - Catherine JAUNEAU - BOUILLY Thierry


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