L'exploitation minière a laissé des cicatrices à Plélauff (22)

Le terril de Plélauff (22)
Le terril de Plélauff (22)

Dans les années 60, le BRGM a prospecté un filon de plomb, à Plélauff (22). Aujourd’hui, plus rien ne pousse sur le terril de cette ancienne mine mais la zone intéresse la société Variscan Mines qui a décroché un permis d'exploration. 

Par Antonin Billet

Le paysage est verdoyant et vallonné. Plélauff (22), petite commune du centre Bretagne, peut se targuer de bénéficier d’un environnement privilégié. A une exception près : au lieu-dit du Rhun, là où s’élève le terril d’une ancienne mine de plomb.

Au bout de 55 ans, la végétation peine à reprendre... La terre jaune et caillouteuse est stérile : le sol est composé de sulfures.

Une mine déjà exploitée 

De 1961 à 1963, les mineurs ont creusé puits et galeries souterraines, à la recherche de plomb. C’est le BRGM (Bureau des Recherches Géologiques et Minières) qui pilotait l’opération.

Mais en creusant, les mineurs tombent sur d’anciennes galeries : « on croyait que c’était bon, au départ. Et puis, arrivés à 40 mètres, on a fait des recoupes du puits pour traverser le filon. Et là, on est tombés sur de vieux travaux, qui datent du temps des romains », explique André Lenagard, 83 ans, ancien mineur à Plélauff.   

Le plomb est au rendez-vous mais le filon a déjà été exploité. Le meilleur de la roche est parti et le chantier s’arrête au bout de trois ans.

Aujourd’hui, de nouveaux permis de recherche sont accordés à Variscan Mines. Cette société espère trouver en profondeur du plomb, du zinc mais surtout, du germanium. C’est ce qu’on appelle une « terre rare », un élément dont l’industrie électronique est très friande.

A Plélauff, la concentration de ce germanium serait élevée, permettant d’envisager un projet d’exploitation minière.
Plélauff (22) : le passé minier refait surface

L'eau et les paysages en danger ?

Mais les anciens mineurs, comme Eugène Le Gall, ne souhaitent pas le retour de la mine. « Non, non, je n’en veux pas », dit-il. « Chez les autres, oui, mais pas chez moi ! C’est ce que pense tout le monde d’ailleurs », avoue-t-il, en rigolant.

Mardi soir, une réunion débat était organisée par la mairie de Plélauff. Michel Bonnemaison, le directeur de Variscan Mines, y présentait le processus d’exploration qu’il espère mener sur la commune : des prélèvements de terre en surface et des carotages en profondeur.

La salle polyvalente est pleine et la moyenne d’âge élevée. Dans la commune de 700 habitants, beaucoup jouissent d’une paisible retraite. Voir une exploitation minière s’installer près de leur jardin, ça ne leur plaît pas : « Vous allez détruire ce beau paysage ? », s’énerve l’un d’entre eux.

Des terrils stérils

Peu y ont travaillé mais l’ancienne mine a laissé des traces. Le terrain, situé au lieu-dit du Rheu, a un aspect lunaire. Au bout de 55 ans, la végétation n’est pas parvenue à reprendre. C’est un contraste saisissant avec les champs verdoyants alentour…

« Tout laisse à penser que le sol est d’une nature très très acide », constate le maire, Bernard Rohou. « Dès qu’il y a un orage ou des pluies importantes, les eaux de ruissellement descendent du terril pour s’écouler vers la rivière en contrebas. Aucune analyse n’a été faite mais elle est probablement polluée par le plomb », regrette-t-il.

Et pourtant, quand ce dossier a atterri sur son bureau, en 2014, Bernard Rohou ne l’a pas vu d’un mauvais œil. Une mine ici, c’était la promesse de quelques emplois et de ressources supplémentaires pour la communauté de communes. Mais aujourd’hui, il s’interroge : « L’exploitation du filon durera une quinzaine d’années au maximum. Et puis ce sera fini et que laissera-t-on à nos petits enfants ? De nouveaux terrils ? ».

Soupçons de pollution des eaux, dégradation du paysage… L’exploitation minière a laissé des traces sensibles dans le centre Bretagne.

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