Que sait-on du missionnaire breton Michel Briand enlevé à Haïti avec six autres religieux ?

Publié le Mis à jour le

Le prêtre breton Michel Briand fait partie du groupe de sept religieux enlevés dimanche à Haïti. Les ravisseurs réclament un million de dollars. Originaire d'Ille-et-Vilaine, il avait d'abord découvert l'île comme coopérant, avant de devenir missionnaire en 1985.  

Dimanche 11 avril, dix personnes dont sept religieux catholiques, cinq haïtiens et deux français, ont été enlevés à Haïti. Le groupe a été kidnappé près de la capitale Port-au-Prince, alors qu'il se rendait à l'installation d'un nouveau curé. 

"Le missionnaire breton Michel Briand fait partie des personnes kidnappées", confirme le Père Georgino Rameau, le secrétaire général de la Société des prêtres de Saint-Jacques, basé à Guiclan dans le Finistère, ainsi que la religieuse Agnes Bordeau, soeur de la Providence de la Pommeraye.

 

Un million de dollars

Les ravisseurs réclament un million de dollars. La police soupçonne un gang armé actif dans le secteur, baptisé "400 Mawozo", d'être à l'origine de cet kidnapping. Dans ce pays pauvre des Caraïbes, les enlèvements contre rançon ont connu une recrudescence ces derniers mois. 

"Nous sommes évidemment inquiets, reconnaît à Guiclan le Père Giorgino Rameau, le secrétaire général de la Société des prêtres. Là-bas, la situation est tendue. Nous avons affaire à des bandits, mais nous espérons qu’ils seront tous libérés rapidement."

 

Missionnaire depuis 1985, agressé en 2015

Michel Briand, 67 ans, fils d'agriculteur originaire de Messac en Ille-et-Vilaine, est devenu missionnaire à Haïti en 1985.

"L'ancien étudiant des Beaux-Arts de Rennes avait contracté le virus de la mission en venant d'abord à Haiti comme coopérant entre 1976 et 1979", indiquait le journal La Vie en 2010. Il avait ensuite été ordonné prêtre à Rennes en 1985 avant de retourner sur l'île l'année suivante.

En 2010, il avait affronté le séisme aux côtés de la population. Et célébré la messe au milieu des camps de réfugiés. "La richesse des Haïtiens, c’est leur capacité de résistance. Malgré la misère, les cyclones, la violence, les tremblements de terre, ils ont toujours la vie en eux", expliquait-il alors à nos confrères.

Curé de la paroisse Saint-Antoine-de-Padoue, il avait également été agressé en 2015 en sortant d'une banque. "Il avait été atteint de deux coups de feux tirés au pistolet par un homme qui lui a volé sa sacoche", relatait alors le journal Ouest-France. 

"Après sa convalescence, Michel avait choisi de retourner à Haïti, explique le Père Giorgino Rameau. C'était sa vocation".