Direct : Les agriculteurs multiplient les blocages en Bretagne

Saint-Malo: des tracteurs aux portes de l'intra-muros / © S.Labrousse
Saint-Malo: des tracteurs aux portes de l'intra-muros / © S.Labrousse

Grosse galère ce mardi, sur les routes bretonnes. Le blocage du Mont Saint-Michel se poursuit. Les agriculteurs mènent d'autres actions notamment à Saint-Malo, Brest, Quimper, Morlaix et La Gravelle. François Hollande annonce un plan d'urgence. Stéphane Le Foll rencontre des éleveurs à Caen.

Par Hélène Pédech

Après une brève levée du barrage, ce mardi matin, l'accès au Mont Saint-Michel est de nouveau bloqué pour la deuxième journée consécutive. Les agriculteurs ont choisi de durcir le ton, en visant notamment de hauts lieux touristiques de la région. 

19h: S. Le Foll sort de sa rencontre avec les agriculteurs






"Il faut que les aides aillent aux exploitations, qui ont des difficultés de trésorerie", a expliqué le ministre de l'Agriculture sur le perron de la préfecture. "ce soir, je rentre à Paris pour participer à la réunion avec le médiateur et les responsables nationaux (...) Les demandes était claires: faire respecter l'accord sur les prix. je rentre à Paris et me mets au travail."

"On ne sait pas trop quoi penser"

Selon Jean-Yves Heurtin, président de la FDSEA du Calvados, "l'échange avec le ministre a été intéressant. (...) On va travailler peut-être à maintenir les points de blocage, peut-être à rassembler tous les agriculteurs". Et le représentant de conclure: "En bref, on ne sait pas trop quoi penser".

Mobilisation ce soir encore

Ce mardi soir, alors que la rencontre entre le ministre de l'agriculture et des éleveurs bas-normands se prolongeait, en préfecture à Caen, la mobilisation sur le terrain ne faiblit pas. En Bretagne, une nouvelle action coup de poing est encours à Saint-Brice-en-Cogles (Ille-et-Vilaine), où des éleveurs prennent pour cible l'abattoir de porcs Abera. Des gravats et du fumier ont été déversés à l'entrée.






 

Ce soir, d'autres actions sont également prévues en plusieurs endroits du Morbihan, notamment Lanester, Ploërmel et Redon.

Stéphane Le Foll rencontre des éleveurs à Caen

Comme il l'a annoncé ce mardi matin, le ministre de l'agriculture est arrivé en milieu d'après-midi à la préfecture à Caen pour y rencontrer une délégation d'agriculteurs.
Notre consoeur de France Televisions Info, Marie-Violette Bernard, assiste à cette réunion.



"Je suis là pour être auprès des éleveurs. Le gouvernement est à l'écoute et là pour se mobiliser."

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a annoncé, dans la matinée, qu'il se rendrait à Caen mardi après-midi, pour rencontrer les responsables des éleveurs. "Cet après-midi, j'ai décidé d'aller à Caen pour discuter avec les responsables agricoles, pour discuter des sujets qui ont été évoqués durant ce week-end et sur la base des décisions qui sont maintenant en route au niveau gouvernemental", a déclaré M. Le Foll dans la cour de Matignon, au sortir de la réunion ministérielle consacrée à la situation des éleveurs français. 


Valls reçoit ses ministres

Depuis midi, ce mardi, les ministres sont convoqués par Manuel Valls au sujet de la filière élevage.
La réunion doit avoir lieu avant la publication, ce mardi soir, du rapport du médiateur sur les prix payés aux éleveurs.

Cet après-midi, dans les Côtes-d’Armor

Sur la RN12 entre Rennes et Saint-Brieuc, une trentaine de tracteurs bloque l'axe dans les deux sens à hauteur de l'échangeur de Jugon-les-Lacs (Côtes-d’Armor). La gendarmerie a mis en place une déviation.


Revue de liens

Infographies, articles de presse: une sélection de tweets et de liens pour comprendre la crise des éleveurs. 
Ce contenu n'est plus disponible



Le pont routier de Morlaix

Les jeunes agriculteurs prévoient de bloquer l'accès à Morlaix, à partir du milieu d'après-midi. Ils ont prévu de faire converger leurs engins agricoles vers le pont routier de la RN12. Les échangeurs vont être fermés.
 

Les tracteurs se dirigent vers le Pont de Morlaix / © A.Quéré
Les tracteurs se dirigent vers le Pont de Morlaix / © A.Quéré

110 tracteurs bloquent le pont d’Iroise

Les agriculteurs du Finistère, après avoir déversé du fumier au Géant de Brest, ont convergé vers le pont d’Iroise pour le bloquer, et bloqué ainsi l’accès à la ville lorsque l’on vient de Quimper.




 


En début d'après-midi, le radar du Pont de l'Iroise a été incendié.

Brest: le radar du Pont d'Iroise incendié / © A.Quéré
Brest: le radar du Pont d'Iroise incendié / © A.Quéré

Suivez la circulation en temps réel

Besoin de prendre la route ? Vérifiez bien qu’aucune action des éleveurs ne gêne la circulation.
 

 

Et maintenant, le péage de La Gravelle

Sur l'axe Rennes-Paris, la Nationale 157, des bouchons sont signalés également à l'approche du péage de La Gravelle, dans les deux sens. Les éleveurs ont prévu d'aller bloquer Mayenne.


Depuis le début de la matinée, la circulation était interdite aux poids-lourds sur l'A84 dans le sens Rennes-Caen. Une déviation a donc été mise en place à hauteur de Cesson-Sévigné par la N157 entre Rennes et Paris. 

Saint-Malo: "une ville morte toute la journée"

Après s'en être pris à l'hypermarché Leclerc de Saint-Malo, des agriculteurs dévalisent à présent les magasins Carrefour et Métro. Tous les produits, qui ne sont pas signalés comme étant produits en France, sont retirés des rayons et redistribués aux clients.

Toujours à Saint-Malo, des tracteurs sont arrivés le long de la Plage du Sillon vers 15h.

Des tracteurs arrivent plage du Sillon à Saint Malo / © S.Labrousse
Des tracteurs arrivent plage du Sillon à Saint Malo / © S.Labrousse

Plus tôt, le matin, les agriculteurs ont mis en place des barrages filtrants peu après 8 heures provoquant une belle pagaille au niveau de la circulation. Les manifestants occupent le rond-point du Grand Aquarium, à l'entrée de la ville. Par intermittence ils ne laissent passer aucun véhicule. Conséquence: d'importants ralentissements en amont de Saint-Malo sur la nationale 137 en provenance de Rennes. Postés à plusieurs entrées de la Coté-Corsaire, les agriculteurs s'inscrivent dans une journée de blocus. Ce mardi midi, les tracteurs, en provenance de différentes communes d'Ille-et-Vilaine, continuent de converger. Les éleveurs comptent établir un barrage filtrant sur l'usine marémotrice de la Rance et faire de Saint-Malo "une ville morte toute la journée", a expliqué à l'AFP Yannick Frain, délégué FDSEA d'Ille-et-Vilaine. averti. Soixante-dix tracteurs sont impliqués, selon la préfecture.














A Brest, une cinquantaine de remorques bloquent l'hypermarché Géant depuis 9 heures. Idem devant le Leclerc à Quimper.

Des tracteurs bloquent l'hypermarché Leclerc à Quimper / © A.Quéré
Des tracteurs bloquent l'hypermarché Leclerc à Quimper / © A.Quéré
A Quimper, la tension était très vive ce matin. Des éleveurs du pays de Quimper, jeunes et moins jeunes, se sont réunis sur la zone commerciale de Gourvily, de manière spontanée. Après avoir déversé des gravats et du lisier devant les entrées des supermarchés Netto et Leader Price, ils ont installés leurs tracteurs sur le rond point devant le centre Leclerc, dont ils ont bloqué le parking. L'hypermarché Leclerc ainsi que l'espace Leclerc Culture ont fermé leurs portes au public.

Dans le Morbihan, à Lanester

Sur la Nationale 165, à hauteur de Lanester (Morbihan), la circulation risque d'être perturbée voire interrompue dans le courant de la journée. Des feux de pneus et de paille ont sérieusement endommagé la chaussée nécessitant des travaux importants, dans le sens Vannes-Quimper. Pour l'heure, les véhicules circulent.

Depuis plusieurs semaines, les agriculteurs mènent des actions dans plusieurs régions de France. Ils protestent contre les prix, trop bas selon eux, du porc, de la viande bovine et du lait, qui ne leur permettent pas de couvrir leurs coûts de production.


Hollande interpelle encore les distributeurs

François Hollande au somet Climat d'où il a annoncé un plan d'urgence pour les éleveurs / © ALAIN JOCARD / AFP
François Hollande au somet Climat d'où il a annoncé un plan d'urgence pour les éleveurs / © ALAIN JOCARD / AFP

Parallèlement, François Hollande a annoncé, ce mardi matin, un "plan d'urgence" en faveur des éleveurs. Ce plan sera présenté demain, mercredi, en conseil des ministres. Le chef de l'Etat demande une nouvelle fois aux distributeurs de prendre leurs responsabilités et de tenir leurs engagements en augmentant les prix d'achat.

"La situation des éleveurs et des producteurs de lait est extrêmement difficile. C'est la raison pour laquelle j'ai appelé les distributeurs à prendre leurs responsabilités. Ils doivent tenir des engagements, il y a une vérification qui sera faite dès ce soir puisqu'un médiateur a été désigné, il remettra son rapport cet après-midi au ministre", a déclaré M. Hollande lors de son arrivée au Conseil économique, social et environnemental pour le Sommet des consciences sur le climat.



Le Foll prêt à recevoir les agriculteurs jeudi à Paris

Depuis hier, lundi, les manifestants réclament la venue, dans l'Ouest (en Normandie), du Ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll. Ce dernier a annoncé, ce mardi matin, que le médiateur des relations commerciales agricoles rendra dès ce mardi soir son rapport sur les prix payés aux éleveurs, soit avec 24 heures d'avance.

Le Foll ne viendra pas en Normandie

"On aura à partir de là une discussion pour voir ce qu'il faut faire pour tenir l'objectif » de revalorisation des prix de la viande bovine et porcine fixé en juin, a expliqué le ministre sur France 2.

Ce rapport, demandé par le ministre, vise notamment à évaluer qui, des transformateurs et de la grande distribution, freine les hausses de prix convenues. Le 17 juin dernier, les professionnels de la filière avaient conclu un rapport à ce sujet.

Avant d'annoncer sa venue à Caen, Stéphane Le Foll se disait prêt à recevoir les agriculteurs à Paris, au plus tôt jeudi.

Vers une mission parlementaire


Par ailleurs, deux députés bretons vont être mandatés pour une mission notamment sur les filières d'élevage en crise, a indiqué mardi le président de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée, François Brottes (PS) à l’AFP. L'annonce officielle de cette mission sera faite mercredi soir en commission.
"Nous devrions mandater au titre de la commission deux collègues pour avoir une réflexion sur une période de trois mois au moins, pour mettre en perspective l'ensemble
de ces filières secouées par un marché qui a bougé, par une concurrence qui n'est pas toujours loyale, mais aussi par des modèles économiques qui doivent sûrement
être revus
", a déclaré François Brottes en conférence de presse.

Ces députés pilotes de la mission devraient être l'UDI Thierry Benoit (Ille-et-Vilaine) et la socialiste Annick Le Loch (Finistère), a-t-on appris de source parlementaire.
Ils avaient participé en 2013 à une mission d'information sur la filière bovine et la production laitière.

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus