Manu Dibango, la mort d'un géant. La Bretagne lui rend hommage

Manu Dibango en 2014, pendant le Festival Jazz à Langourla / © Patrick Collet
Manu Dibango en 2014, pendant le Festival Jazz à Langourla / © Patrick Collet

C’est la première célébrité à succomber au coronavirus. Le saxophoniste camerounais Manu Dibango s’est éteint ce matin à Paris des suites de la maladie. Il avait 86 ans. Il s’était produit en Bretagne a de nombreuses reprises.

Par Isabelle Rettig


A maintes reprises, ses concerts avaient enflammé les scènes bretonnes : du festival du Bout du Monde en 2001 et 2013 en passant par Jazz à Vannes en 2011, Jazz à Langourla en 2014 jusqu’à Dinan en janvier 2018. Depuis 60 ans, le saxophoniste camerounais enchantait le public du monde entier. Mais le coronavirus aura eu raison de lui. Manu Dibango s’est éteint ce mardi matin dans l’hôpital de la région parisienne ou il avait été admis il y a quelques jours.

Né à Douala au Cameroun, en 1933, Manu Dibango était arrivé en France en 1949 avant d’etre placé dans une famille d’accueil de Saint-Calais, dans la Sarthe, le temps de ses études. Un village où il revenait régulièrement et ou il avait créé en 1997 le festival Soirs au Village.

Musicien de Dick Rivers puis de Nino Ferrer dans les années 60, c’est en 1972 qu’il s’était fait connaître internationalement avec "Soul Makossa", qui reste à ce jour, l’un de ses titres les plus connus. En soixante ans de carrière, il a accompagné les plus grands noms du jazz et de la world music. Invité de nombreux festivals, il est venu en Bretagne à de nombreuses reprises.


Tête d'affiche à Langourla

 
En 2014, il était la tête d’affiche du festival Jazz in Langourla, dans les Côtes d’Armor. Gildas Le Floch, l’un des programmateurs se souvient très bien de lui : "Il accompagnait des musiciens du Caveau de la Huchette et cela avait été très facile de le faire venir.  Un homme adorable, qui a pris le temps de discuter avec une spectatrice qu’il avait connue enfant. Il est même venu dans le bar du village après le concert. Il était humble et très abordable." 
 
Louis Hardy était dans le public. "A un moment, tous les musiciens sont sortis de scène sauf Manu Dibango et le pianiste. Et ils ont fait un petit intermède improvisé. J'ai eu la chance de capter ce moment avec mon appareil photo. C'était un moment magique et très émouvant." 

Manu Dibango s’était rendu à deux reprises au Festival du Bout du Monde à Crozon en 2001 et 2013. Le site du festival s’est fait l’écho de sa disparition. "C’est avec tristesse que nous apprenons ce matin le décès de Manu Dibango. Une personnalité à part entière, un grand Monsieur, toujours heureux de se produire sur scène." 

Depuis ce matin, célébrités et anonymes ont été nombreux à lui rendre hommage dont le musicien breton Alan Stivell sur son compte Twitter. "Manu était une personne extraordinaire, attachante, immense artiste, si important pour l’Afrique et la Musique du Monde. Nous nous sommes connus et avons sympathisé dès le milieu des 70s. Plus tard nous avons notamment joué ensemble dans une émission publique de Radio-France. Je l’ai applaudi entre autre au New Morning", écrit le musicien qui se dit bouleversé par sa mort.
Ses obsèques seront célébrées dans la plus stricte intimité. Sa famille a annoncé ce matin qu’un hommage lui serait rendu après la période de confinement.
 
 

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